Les habitués de ce site savent que l'essentiel des textes et la plupart des images, que l'on
retrouve au sein du Fureteur Québécois, sont de l'auteur de ces lignes. Dans des cas très rares, il peut arriver que je déroge à cette
règle. C'est le cas pour le texte qui va suivre.
Il y deux jours, un collectif regroupant l'ensemble du monde syndical québécois fonde un
groupe de réflexion. Ils ont l'intention de prendre position dans le débat engendré par les prises de position du
"Réseau-Liberté-Québec". Ce forum souhaite créer un modèle politique et social aux antipodes de celui
que nous vivons actuellement. Cette entité est, dans une certaine mesure, le pendant du "Tea Party". Il s'agit d'un mouvement citoyen très actif qui veut abolir l'essentiel du rôle de l'état aux États-Unis.
Je ne pense pas que cette approche est une solution pour faire évoluer positivement la
société québécoise. Même si je suis conscient que nous traversons une forte zone de turbulence, je
crois qu'il serait stupide de jeter aux poubelles notre originalité et notre différence sur le plan social et politique. Voilà pourquoi je me donne
la peine de publier l'acte de fondation de cette boîte à réflexion, que j'ai trouvé sur le site de la CSN. Ce texte est aussi disponible dans
l'édition de vendredi du quotidien "Le Devoir". On peut aussi retrouver plusieurs reportages, à propos de cette naissance, dans de nombreux médias
d'ici.
Les illustrations, qui accompagnent ce communiqué, sont de mon cru. Les vignettes de ces dernières sont des prises de position que je me permets d'émettre.
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Le Québec. Un état qui se dinstingue et
qui sert de référence aux nations de petites tailles intégré dans des fédérations. Je pense ici à la Catalogne ainsi qu'à l'Écosse.
Déterminée à contrer le discours de droite de plus en plus présent sur la scène publique, une nouvelle force
vient de voir le jour au Québec. L’Alliance sociale lance aujourd’hui sa première déclaration commune intitulée Un autre Québec est possible !
Cette nouvelle force participera
activement aux débats qui ont cours au Québec et invite tous les groupes progressistes à s’unir autour de cette déclaration pour faire front commun en vue du prochain budget afin de mettre au jeu
d’autres solutions en matière de finances publiques et de développement économique.
Tous les centres hospitaliers ont
comme voisin des centres médicaux privés comme celui que l'on peut voir sur cette photo. Est-ce que j'ai envie que ces entreprises deviennent le fer de lance du système de santé québécois
? Est-ce que je souhaite payer le plein prix pour obtenir des traitements?
Mantras répétitifs et portrait déformé de la réalité
L’Alliance sociale
s’inquiète d’assister, depuis plusieurs années au Québec, à l’expression d’une pensée dominante qui a pour fétiche le désengagement de l’État, la privatisation des services publics, le
laisser-faire économique et l’idéologie du marché-roi, et qui a pris de l’ampleur à la faveur de la dernière crise financière et économique. Crise, faut-il le rappeler, provoquée de toutes pièces
par les spéculateurs financiers de tout acabit. Et il faudrait maintenant s’appauvrir davantage afin qu’ils puissent poursuivre leurs activités comme auparavant. Nous disons non à un tel
scénario.
La nouvelle alliance
s’insurge également contre le portrait pessimiste et déformé voulant que le Québec vive au-dessus de ses moyens, qu’il ne soit pas suffisamment riche et qu’il soit trop endetté pour continuer à
se payer les services publics actuels et des programmes sociaux plus étendus.
Reportage diffusé au journal télévisé de Radio-Canada le
23 octobre 2010 qui décrit le premier forum publique du réseau-liberté-Québec.
Infléchir la trajectoire du prochain budget
Pour les membres de
l’Alliance, ce discours mensonger est colporté à la faveur de la privatisation et de la tarification des services, sur la base du principe d’utilisateur-payeur, dans le but de faire reposer
directement sur les épaules des usagers une part croissante du financement de services pourtant publics. Une orientation lourde de conséquences puisqu’elle engendrerait davantage de privations
pour les gens moins fortunés, affectant ainsi leurs droits sociaux et économiques fondamentaux.
Dans ce contexte, les
membres de l’Alliance sociale ont décidé de s’unir afin de faire contrepoids à ce discours de droite alarmiste en faisant la démonstration qu’il est nécessaire d’avoir un État fort qui s’appuie
sur une fonction publique mobilisée et compétente si l’on veut une économie dynamique et une meilleure redistribution de la richesse.
L'hôpital général de Québec. C'est le
deuxième plus vieux centre hospitalier de l'Amérique du Nord. Il est toujours en service. Cet établisseemnt reçoit les personnes en perte d'autonomie. Que deviendront ces
gens lorsqu'ils devront assumer le coût de leur hospitalisation? Seront-ils capable d'y séjourner encore?
Un budget dont le cours doit être changé
En fait, l’Alliance ne
vise rien de moins que l’abandon, dans le prochain budget, des mesures régressives, comme la franchise santé, présentées par Raymond Bachand le printemps dernier. On réclame la fin des
compressions budgétaires tous azimuts qui mettent en péril les services à la population ainsi que des investissements publics majeurs en santé, en éducation, de même que dans les services à la
petite enfance et aux personnes âgées. L’Alliance se prononce également en faveur d’un délai plus long pour retrouver l’équilibre budgétaire au Québec. « Si l’ampleur de la dette que nous
léguons aux générations futures doit être prise en compte, nous devons aussi nous préoccuper de l’état dans lequel nous leur laisserons les services publics et les programmes sociaux. Cela aussi
fait partie de l’équité entre les générations », écrivent les représentants du nouveau mouvement.
Des mesures économiques
Plusieurs autres
souhaits animent la nouvelle alliance : l’exploitation de nos ressources naturelles dans une perspective de développement durable et de retombées économiques ; le rehaussement
substantiel de la contribution du gouvernement fédéral pour soutenir les provinces tout en respectant leur champ de compétences ; des mesures fortes pour assurer la vitalité économique du
Québec. Le gouvernement doit aussi valoriser le savoir-faire québécois et soutenir les entreprises de services. Ces mesures doivent être accompagnées d’un dialogue social favorisant la
contribution des travailleuses et des travailleurs au développement de l’organisation du travail et de l’innovation dans les entreprises. Les employeurs devraient aussi s’engager résolument à
investir dans la formation pour assurer le maintien et la création d’emplois de qualité.
Le
témoignage de Simon. Il est contre la privatisation même s'il est conscient qu'il existe un problème.
Des réponses réalistes aux difficultés actuelles
Pour l’Alliance
sociale, les défis du Québec sont clairs. « Nous sommes conscients des difficultés et des défis auxquels la société québécoise est confrontée, particulièrement en matière de conciliation
entre économie et environnement. Nous ne laisserons pas saccager nos services publics et nos programmes sociaux et nous favoriserons le renforcement des leviers d’intervention économique de
l’État. »
Autres actions publiques à venir
Outre la
publication de cette Déclaration commune, les membres de l’Alliance entendent mener au cours des prochaines semaines diverses actions publiques afin d’informer et de sensibiliser la population du
Québec à propos de l’alternative au discours dominant sur les finances publiques. Prochaine activité au programme : Le Rendez-vous de l’éducation
qui aura lieu le 7 novembre à Montréal. On y abordera notamment
la question des droits de scolarité. De plus, d’ici le printemps, des actions communes seront organisées régionalement et nationalement pour donner écho aux idées défendues par les membres de
l’Alliance sociale.
Le buste du père Lévesque, le premier doyen de la faculté des sciences sociales de l'université
Laval. Sous sa gouverne, les étudiants ont pu acquérir une bonne idée de ce que doit être un état au service de ses citoyens. Il a influencé René Lévesque, Pierre Trudeau et bien d'autre. Je ne
pense pas que ce pionnier serait heureux de voir la pensée d'un Maurice Duplessis, son ennemi idéologique et premier ministre du Québec pendant plus de 20 ans, reprendre le dessus comme
maintenant.
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