Vendredi 18 mars 2011 5 18 /03 /Mars /2011 17:41

La danse est un merveilleux exutoire pour exprimer sa frustration devant l'horreur du monde.  Elle permet aussi de s'éclater, de montrer sa joie à l'ensemble des personnes qui nous entoure.   L'équipe de "Mayday danse"  réussit le pari de nous faire voyager dans l'univers singulier de la nature humaine au travers du spectacle qui s'intitule "Junkyard / Paradis".   

 

 grande-spectacle-junkyard-paradis

 Photo courtoisie (La Rotonde)

Un concept indéfinissable

Ce concept, que j'ai beaucoup de difficulté à définir, déclenche une prise de conscience.  Elle pousse notre compréhension vers des rivages insoupçonnés. Au travers les divagations d'un maître de cérémonie aux propos disjonctés, accompagné d'une suite de chorégraphies que je qualifie de dérangeante, l'on se promène dans un espace qui peut ressembler à une décharge publique...  Les interprètes vont jusqu'à se barbouiller de peinture au travers d'une danse lascive qui oscille entre la contrainte et le désir.  On se donne aussi le droit de parodier certaines performances chantées à la limite du mauvais goût. L'apothéose, de cette sorte de happening, nous renvoie à une image d'extrême violence.  Jacques Poulin Denis s'éclate totalement en s'aspergeant de pâte de tomate au travers d'une gestuelle  qui nous rappelle la torture d'un supplicié baignant dans son sang!  J'ai ressenti cette allégorie comme un réquisitoire dénonçant la violence physique sous toutes ces formes.  Même si un pareil geste peut paraître superflu, il méritait d'être montré à la face des spectateurs présents.

 

 

Un exercice de réflexion différent

Je me suis senti fortement interpellé par ce que j'ai vu la veille.  En plus d'avoir vu une performance artistique digne de mention, je me suis retrouvé à faire un acte de conscience face au concept de la beauté ainsi qu'une analyse personnelle de la bêtise humaine.  Dans cette optique, je considère que cette expérience "coup de poing" donne tout son sens à la perception de nos sens.

 

Une ouverture d'esprit est de mise

Le spectacle "Junkyard /Paradis" dérange...  Lors du déroulement de cette performance, j'ai remarqué que certaines personnes ont quitté la salle.  L'ouverture d'esprit est de mise.  Il faut accepter d'abandonner ses préjugés et de se laisser emporter dans un monde surréaliste. Un coup cette chose réglée, vous avez la chance de vous promener dans une sorte de jardin des délices digne de la vision de Jerôme Bosch!

 

À voir!

 

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Concept et chorégraphie: Mélanie Demers / Interprétation: Mélanie Demers, Brianna Lombardo, Nicolas Patry, Jacques Poulin-Denis et Angie Cheng / Conception sonore: Jacques Poulin-Denis / Lumières: Alexandre Pilon-Guay / Photos: Larry Dufresne

Junkyard/Paradis est une coproduction avec les Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis et l’Agora de la danse (Montréal). / Le projet bénéficie du soutien du CCN de Caen / Basse-Normandie (accueil en résidence), de Circuit-Est centre chorégraphique (Montréal) et a fait l’objet de résidences de création à l’Usine C (Montréal) ainsi qu’au festival Operaestate Veneto (Bassano).

 

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MAYDAY — Mélanie Demers / Montréal / Cinq danseurs

 

17-18-19 MARS, 20H

Salle Multi de Méduse

Général: 27$

Aîné: 22$

Jeune adulte / Artisan: 20,50$

Enfant / Ado: 14$

 

418 643.8131 /

1 877 643.8131

 

Par Claude Rouleau - Publié dans : Spectacle - Communauté : Blogueurs du Québec
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Jeudi 17 mars 2011 4 17 /03 /Mars /2011 11:20

Au travers d'une histoire qui frise le fait divers, au milieu d'une guerre civile qu'on préfère cacher sous le manteau, le spectateur est confronté devant le sens de la vie.  Quelle est la véritable nature de l'engagement et comment peut-on mesurer l'amour que nous avons face à notre prochain...  C'est sur la base de cette réflexion que le film "Des hommes et des dieux" nous renvoie. 

 

Des hommes et des dieux

 

Une communauté sereine face à la folie des hommes

Lorsque ce triste événement est arrivé, au coeur de l'Algérie en 1995, je me suis dit qu'on était allé au bout de la route, qu'il était impossible d'aller plus loin dans cette fuite en avant.  Ce groupe de moines catholique, qui vivait en parfaite harmonie avec le milieu depuis plus de 100 ans, était tout aussi préoccupé que la population,  face aux troubles de leur pays d'adoption.  Dans cette quête de l'absolue, où la spiritualité englobe tous les gestes du quotidien, ils ne sont pas demeurés indifférents devant le désordre des choses. Les tueries, les massacres et les règlements de compte ,du à la haine de 2 visions sociales et politiques irréconciliables, ont emportés la vie de ces hommes de Dieu.  La réalité, dont ils ont toujours tenu compte, leur a sauté aux visages lorsqu'un groupe d'ingénieurs étrangers ont été massacrés par des extrémistes à moins de 20 kilomètres de chez eux.  Fallait-il abandonner le monastère pour se mettre à l'abri où demeurer avec la population de la région par solidarité?  Par le biais de discussions, de rencontres et de prières, ces moines ont confié au Créateur le soin de décider de leurs sorts tout en partageant les joies et les peines de leur entourage. 

 

Le sens de la Foi

Ce film de Xavier Beauvois va beaucoup plus loin qu'une simple vision religieuse, il cherche à nous faire comprendre le sens de la foi peut importe votre croyance. Il prouve aussi qu'il est possible de vivre en harmonie durablement avec un voisin qui pense et agit différemment de vous. Et pour finir, il donne un sens à la notion de sacrifice. 

 

Au travers d'une imagerie sobre, toute en nuance, la caméra plonge au coeur de l'intimité des uns et des autres. Les acteurs sont criants de vérité.  Nous devenons les témoins impuissants d'un drame annoncé. 

 

 

 

Un film puissant

Si vous cherchez des réponses sur le véritable sens de l'engagement face à une foi et à l'amour de soi et des autres, vous devez voir ce film.  Il devient une réponse à de nombreuses interrogations.  Un chef-d'oeuvre ?  Assurément !

 

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Titre: Des hommes et des dieux                      Pays: France

Année: 2010                                                    Durée: 118 minutes

Type: drame                                                    Réalisateur: Xavier Beauvois

 

Distribution: Lambert Wilson, Michael Lonsdale, Olivier Rabourdin...

Par Claude Rouleau - Publié dans : Cinéma - Communauté : Blogueurs du Québec
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Mercredi 16 mars 2011 3 16 /03 /Mars /2011 17:56

J'ai beaucoup de difficulté à me positionner, face à cette pièce de théâtre que j'ai vue la veille.  Il s'agissait de la première de cette production qui sera à l'affiche jusqu'au 26 mars prochain.  Pour ma part, je suis resté sur ma faim. 

 

La mélodie entre la vie et la mort

                                   L'affiche de la pièce. Elle définie très bien l'atmosphère

 

De nombreuses réserves

J'ai trouvé la mise en scène trop lente.  J'aurais préféré une direction artistique plus mordante avec plus de mouvement.  La musique, quant à elle, donnait une lourdeur supplémentaire qui n'apportait rien de plus à l'ensemble. Les décors, constitués d'une scène où l'on a intégré des aquariums et des glaces sans teint, n'est pas la meilleure idée du siècle. Les éclairages, où l'obscurité est la véritable vedette, servent de pause entre les scènes. En fin de compte, je n'ai pas aimé les dialogues de cette pièce.  À force d'être minimaliste, on n'arrive pas à cerner l'essence de l'action. 

 

 

 Je conseille cette production aux amateurs d'univers glauques qui aiment l'action minimaliste.

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Synopsis officielle: Un jeune couple en crise, Hank et Félicité, tente d’aller recoller les morceaux dans une maison retirée en forêt. C’est un point de non-retour pour le couple, une dernière chance. Dans cette forêt maudite se trouve un homme étrange et hostile, Mark, qui viendra faire exploser ce qui reste de leur fragile union en ayant une relation pour le moins dérangeante avec Félicité. Dans ce triangle amoureux malsain, et avec une horreur grandissante, chacun sera poussé dans ses derniers retranchements. C’est un spectacle où, malheureusement pour les protagonistes, il n’y a pas d’issues. C’est à un huis clos minimaliste qui flirte avec l’horreur et le fantastique que nous vous invitons...

Une expérience déroutante où le théâtre se conjugue parfaitement avec la musique électronique live.

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Production :

 SUSHI (POISSE/SON/MORT)

Mise en scène :

 Jocelyn Pelletier

Assistance à la mise en scène :

Rachel Lapointe

Scénographie :

Dominic Thibault 

Éclairage et assistance à la scénographie :

Jean-François Labbé 

Musique :

 Pascal Asselin/Milimetrik

Interprétation :

 Gabriel Fournier, Joanie Lehoux et Jean-René Moisan

 

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Pièce: La mélodie entre la vie et la mort

 

Lieu: Premier acte

870, de salaberry

 

Date: Du 15 au 26 mars

 

Coût: 23.00$ (prix courant)

                   17.00$ (30 ans et moins)

   13.00$ (groupe)

 

Par Claude Rouleau - Publié dans : Théâtre - Communauté : Blogueurs du Québec
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Mardi 15 mars 2011 2 15 /03 /Mars /2011 14:37

Richard Séguin a beau être un artiste d'expérience qui a plusieurs décennies derrière lui, il demeure que cet auteur-compositeur-interprète a encore quelque chose à dire.  L'album "Appalaches", qui arrive sur les tablettes des magasins aujourd'hui, est un incontournable pour tous les amoureux de la musique québécoise.  Et pour celles et ceux qui trouvent  que la musique Folk doit être mise à l'avant-scène, ils seront aux anges!

 

appalache, la pochette 

 

Un album qui nous parle

Ce 17e opus renferme sa dose de trésors.  Cette suite de 11 pièces nous parle directement.  L'engagement est un thème qui revient au travers de plusieurs chansons que cet artiste nous propose.  Au travers de ce CD, 3 titres sont à retenir.  L'album débute avec une superbe chanson qui s'intitule "Écris, écris".  L'auteur de ces lignes se sent interpellé par cette chanson.  Elle m'encourage à continuer  de m'impliquer par le biais des textes que j'écris au sein de ce blogue!   Sous le titre de "In God we trust", nous avons droit à une prise de conscience qui porte à réflexion.  Et pour terminer mon appréciation sur ce trio, je ne voudrais pas oublier "L'usine".  Il s'agit d'un cri du coeur poétique, face aux travailleurs d'expérience qui perdent leurs fiertés et leurs pains, lorsque leurs usines ferment pour être reconstruites ailleurs... 

 

Un style Folk qui revient aux sources du genre

Avec "Appalaches", Richard Séguin revient à un son Folk.  On sent l'influence du Bob Dylan des bonnes années.  Les pièces acoustiques ont le haut du pavé et l'harmonica y est omniprésent. Je retrouve, avec plaisir, l'artiste engagé qui ose dire haut et fort ce que de nombreuses personnes pensent en secret.  Devant le cynisme de la politique, de l'hypocrisie de nos élites et des inégalités sociales, ce disque est une bouffée d'air frais.  En plus d'être d'une grande beauté, tant au niveau de la mélodie que des textes, il porte à la réflexion.

 

 

À écouter encore et encore...

Que dire de plus sinon que le CD "Appalaches" est l'un des albums les plus achevés de cet artiste de premier plan.  Contrairement à un chef d'antenne connu,  qui mène l'édition matinale d'une radio populiste de Québec, Richard Séguin est aux antipodes de l'artiste usé et fini qui n'a rien à dire et qui se remplit les poches avec les subventions qu'on lui donne.  C'est un créateur allumé, qui dit haut et fort son amertume, avec une poésie et une musicalité qui lui est propre. Heureusement que lui et quelques autres sont présents, ne serait-ce que  pour nous rappeler ce que nous sommes.  À se procurer absolument, si vous restent quelques sous dans les poches...

 

Par Claude Rouleau - Publié dans : Musique - Communauté : Blogueurs du Québec
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Lundi 14 mars 2011 1 14 /03 /Mars /2011 21:07

Lors de la soirée des "Jutra" ,où le monde du cinéma québécois récompense les films les plus méritants, le long-métrage de fiction "Incendies" a raflé  9  trophées.  Il ne faut pas  se surprendre de ce choix.  Nominé aux Oscars, en plus d'être détenteur de nombreux prix internationaux, le film de Denis Villeneuve n'a pas finit d'attirer les foules.

  

Incendies affiche

 

Incendies, le grand gagnant

Au travers des films québécois que j'ai eu l'occasion de voir dernièrement, "Incendies" est la meilleure production que j'ai vue depuis plusieurs années.  Denis Villeneuve a réussi un tour de force dans cette adaptation d'une pièce  de Wajdi Mouawad. Ceux et celles qui voudrait connaître mon appréciation sur ce film peuvent se référer à un article que j'ai rédigé en date du 27 septembre dernier.

 

 

Le Jutra hommage pour Jean Lapointe

Le comédien Jean Lapointe méritait amplement le "Jutra" pour l'ensemble de sa carrière qu'on lui  a offert la veille.  Je suis parfaitement d'accord ,avec certains témoignages, qui ont affirmé que ce fantaisiste de formation devenait habité par ses personnages. Il est probablement l'un des grands acteurs de sa génération.  Cet honneur ne l'a pas empêché de recevoir le prix du meilleur acteur de soutien pour sa performance dans "À l'origine d'un cri" de Robin Aubert.

 

La performance de Dorothy Berryman récompensée

La comédienne Dorothy Berryman, quant à elle, à reçu le prix de la meilleure actrice de soutien pour son rôle dans le film "Cabotins".  Encore ici, il est possible de prendre connaissance de mon appréciation en lisant une critique que j'en ai faite le 24 juillet dernier.

 

 

Cabontins affiche

 

Trois temps dans la vie d'Anna, le grand oublié

Je voudrais aussi souligner le cinéma d'auteur, l'une des marques de commerce du film québécois.  Le long-métrage "Trois temps dans la vie d'Anna", de la réalisatrice Catherine Martin méritait une mention.  Guylaine Tremblay est extraordinaire au travers de cette production intimiste tout en nuance.  Encore ici, je me suis donné la peine de décrire ce film.  Il s'agit de consulter l'article que j'ai écrit en date du 30 août.

 

 

Le cinéma québécois, une fenêtre incontournable de notre culture

L'année qui vient de passer nous a laissé 40 films.  On y trouve de tout, du navet au chef-d'oeuvre.  Dans l'ensemble, le Québec a prouvé qu'il était capable d'être le reflet de sa société , en produisant du cinéma d'auteur ainsi que des productions pour le grand public. Malgré des budgets faméliques, des conditions de tournage difficiles, et des équipes techniques minuscules, nous n'avons rien à envier à l'ensemble de la production internationale.   J'espère que nous serons capables de conserver cette fenêtre qui représente ce que nous sommes. Il en va du rayonnement de notre culture ici et ailleurs...

 

Par Claude Rouleau - Publié dans : Cinéma - Communauté : Blogueurs du Québec
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