Samedi 23 octobre 2010
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Un important forum, à caractère politique et social, va se tenir aujourd'hui dans un hôtel de
Québec. Mis en oeuvre par le "réseau liberté", cet espace d'échange se veut l'amorce d'une réflexion ainsi que la mise en branle d'un mouvement
populaire. Ce groupe souhaite créer une organisation ressemblant au "Tea Party" ,que l'on retrouve chez nos voisins américains, en excluant la droite morale et religieuse. Ces gens souhaitent une transformation radicale de la société québécoise. Ils veulent briser la dualité "souverainiste-fédéraliste" pour créer une
dynamique "gauche-droite". Pour les leaders de ce mouvement, le Québec vit dans un espère de mirage permanent qui le mène nulle part. Le rêve de ce
réseau est de changer les valeurs fondamentales de l'état. L'on souhaite prioriser la responsabilité personnelle, la création de richesse, de payer
un juste prix pour les services offert par l'état et d'avoir un gouvernement le moins interventionniste possible.
Joanne Marcotte, ancienne militante de l'ADQ et réalisatrice du
documentaire "l'illusion tranquille", qui remet en cause le modèle québécois. Elle est l'une des fondatrices du "réseau liberté".
À première vue, cette vision est fort alléchante. Malheureusement, elle implique un coup de barre qui laisse de nombreux individus sans ressources. Si je vais au bout de ce raisonnement, ça veut dire que nous
ouvrons toutes grandes les portes à l'entreprise privée dans les domaine administré par l'état, incluant la santé, l'éducation ainsi que l'ensemble du secteur public. Comme la
responsabilité individuelle est à l'avant-scène, c'est "au client" que nous sommes de financer lui-même ses propres services.
Les programmes de subvention à la culture et au patrimoine
deviendront des choses du passé. De manière à faire avancer ces dossiers, le mentorat ainsi que les fondations caritatives, administré par des fonds
privés, devront prendre la relève. Les logements sociaux et les coopératives d'habitation ne seront plus supportés par l'état. L'on va plutôt fournir
une allocation à certains joueurs privés du monde l'habitation, qui devront fournir des logements à moindre coût, pour une toute petite fraction
de la population.
Pour me payer des soins de santé, il va
falloir souscrire à une assurance privée. Si je désire envoyer mon enfant à l'école, je devrai magasiner son institution d'enseignement tout en
ayant à l'esprit que je vais devoir honorer une facture. Tant qu'à y être, abollisons donc l'éduction publique. De cette manière le
privé sera en mesure de me donner une éducation à la carte, selon l'épaisseur de mon porte-feuille! Pour les autres services publics, ce sera à moi d'en assumer
les coûts. L'utilisateur, que je serai devenu, aura tout le loisir de payer "le juste prix"...
Éric Duhaime, ancien conseiller de Mario Dumont et
chroniqueur média. Il est l'un des instigateurs du "réseau liberté". Ces papiers, dans les deux quotidiens du groupe Québecor , ne laisse personne
indifférent.
Peu importe que le Québec soit le seul état de culture et de langue française en Amérique du Nord. Notre
télévision, notre musique, notre cinéma, notre patrimoine, notre littérature et notre langue deviennent des biens comme les autres. Les
institutions culturelles devront se financer par leurs propres moyens et faire des profits pour survivre. Dans ces conditions, le particularisme québécois deviendra du
folklore d'ici 10 ou 20 ans. La langue anglaise et la culture anglo-saxonne auront raison de notre identité dans un proche avenir.
J'ai peut-être l'air de dessiner un sombre tableau, il demeure que c'est ce genre de vision
que le "réseau liberté" souhaite pour le Québec. Voulons-nous vraiment une société de ce type?
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