Histoire et patrimoine

Dimanche 31 mai 2009 7 31 /05 /2009 12:52

L'église de la paroisse  St-Charles de Limoilou

Lors d’une conférence à caractère historique, j’ai appris des choses pour le moins surprenantes concernant le secteur Limoilou.  Cet endroit est considéré comme le premier faubourg de la ville. Il a eu le statut de municipalité pendant quelque temps avant de se fusionner avec la cité de Québec.  Ce coin de la ville est intéressant à plus d’un titre puisqu’il se voulait un site à l’architecture urbaine moderne.  Le design des rues est à l’image des nouveaux espaces urbains, directement inspiré de la dynamique Amérique.  Les rues et les avenues se croisent de manière à former un damier.  Le bût était d’offrir un logis de qualité aux ouvriers et aux masses laborieuses qui avait réussi à cumuler un coussin financier sans trop s’éloigner de son lieu de travail.  Il s’ensuivit une migration de nombreuses familles vers ce secteur qui se voulait prometteur.  Ce plan d’expansion n’a pas donné les résultats escomptés puisque la paroisse, qui englobait une grande partie du site, a vécu une mésaventure digne d’un film de série B…

 

Lorsque les gens commencent à s’installer dans ce secteur, ils peuplent quelques hameaux le long de la rivière St-Charles.  Ils sont, pour la plupart, des gens travaillant pour les chantiers maritimes qui bordent la rivière.  On trouve aussi quelques agriculteurs ainsi qu’un petit nombre de bourgeois qui se sont fait construire des villas d’été.  Un peu plus loin, vers la baie de Beauport, le séminaire de Québec y possède un vaste domaine.  Il s’agit de Maizeret, Ce dernier va servir, pendant de nombreuses décennies, de camps d’été pour les étudiants de cette institution.  La proximité du fleuve, un environnement marécageux et des installations récréatives, inédits pour l’époque, vont permettre à des générations de jeunes de se familiariser avec les sciences naturelles.   Même si il y avait du monde, on n’avait pas la masse critique requise pour créer une paroisse dans les règles. Le diocèse était conscient qu’il fallait offrir un service  quelconque vu l’éloignement relatif à ces gens.  Compte tenu de ces particularités, l’évêque demande  une dispense au sein de la loi des fabriques.  Il y a aura une paroisse dans ce coin reculé de la ville.  Par contre, à cause de la disparité du secteur, ce ne sera pas un conseil de fabrique qui va diriger les biens de la paroisse.  Cette responsabilité sera l’apanage exclusif du curé.  Albert Coté, un prêtre séculier, en  devient le seul et unique titulaire légal .  Il s’occupe de faire construire une église qui sera détruite par les flammes quelques années plus tard.  Il faudra recommencer…  Il y a aussi le fait que cet ecclésiastique n’est pas très bon en affaire.  Il peine à gérer les fonds qui lui sont confiés.  Très rapidement les dettes s’accumulent.  Notre homme ne sait plus comment faire pour éponger les déficits.  De guerre lasse il décide d’amorcer une action ultime qui va lui permettre de rembourser le tout.  Un bon matin, il prend les actifs de sa paroisse et il s’en va chez un bookmaker. Il mise les actifs de la paroisse  aux courses!   Il va sans dire que son action désespérée va complètement ruiner l’entité administrative qu’il devait gérer avec parcimonie.   La déroute est complète…  Constatant le désastre, il se donne la peine de faire parvenir une lettre à son supérieur.  Aussitôt que cette missive fut écrite, il se dépêcha de faire son baluchon.  Il a quitté le coin abruptement pour se rendre le plus rapidement possible vers les USA…  Le curé venait de déserter sa paroisse.  La suite va suivre... tout aussi palpitante....


Le manoir du domaine Maizeret

Par Claude Rouleau - Publié dans : Histoire et patrimoine - Communauté : Histoire Géographie
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Jeudi 28 mai 2009 4 28 /05 /2009 12:50

Ma cité  possède l’un des établissements hôteliers les plus célèbres de la

planète.  Le Chateau Frontenac est un incontournable, ne serait-ce que par son

architecture et son emplacement.  Il a été construit sur les ruines du

Chateau St-Louis, la résidence des gouverneurs de la Nouvelle-France.

Accoudé à la terrasse et tout près du monument de Champlain, on  retrouve

Le Chateau Frontenac sur la plupart des images illustrant la ville.  Certains le considèrent comme le bâtiment le plus photographié du monde.  En ce qui me concerne, je n’ai aucune difficulté à le croire!

 

À la fin du XIXe siècle, le Canadien Pacifique, la plus importante compagnie de chemin de fer du pays, avait  prévu de construire un certain nombre d’établissements hôtelier le long du trajet de sa route  qui traverse le Canada d’un océan à l’autre. Pour la ville de Québec, les architectes se sont inspirés des châteaux de la Loire ,dont celui de Jaligny, pour dessiner le bâtiment ayant quatre ailes en forme de fer à cheval, qui  entourent une cour d’honneur.   Les concepteurs de ce complexe de 300 unités, inauguré en 1894,  voulait qu’il soit  des plus confortables.  Une grande partie des chambres possédait un foyer.  C’est un luxe pour l’époque. Avec ses restaurants, son salon de thé et sa salle de bal exceptionnelle, la seule où il est possible de danser la grande valse à Québec, le Chateau Frontenanc a toujours été le lieu de rendez-vous de la bourgeoisie de ma cité.  

 

En 1926, deux ans après la construction de la tour centrale, un incendie majeure

éclate au cœur de l’aile Riverview.  Le propriétaire  rénove à grands frais cette partie de l’immeuble. 

 

Fait important à noter, au cœur de la Seconde Guerre mondiale, les principaux chefs du monde libre s’y réunissent pour y établir les bases futures de la suite du conflit.  Pendant quelques jours, Roosevelt, Churchill et Mackenzie King définissent les plans de la victoire suite à la défaite de l’Italie.  La conférence de Québec marque donc dans l’histoire un  tournant  important pour ce qui est de la conduite de la guerre.  

 

Quelques années plus tard Maurice Duplessis, alors premier-ministre de la

province, y demeure lors de ses séjours à Québec.  Il en fera sa deuxième

résidence jusqu’à sa mort,  à la fin des années cinquante. 

 

Grâce aux améliorations successives qu’on y a apportées depuis sa création, ce

complexe demeure l'un des meilleurs  établissements hoteliers de ma cité. 

 

Par Claude Rouleau - Publié dans : Histoire et patrimoine - Communauté : Balades régionales.
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Mardi 26 mai 2009 2 26 /05 /2009 11:14

Quelques uniformes portés par les troupes
françaises.

Au petit matin, Montcalm est réveillé en sursaut.  Les anglais ont pris pied à Québec et sont en ordre de bataille!  Notre général français n’en croit pas ses oreilles. À force de recevoir plusieurs confirmations de différentes sources, il doit se faire une raison.  Il rassemble ses troupes à la hâte pour partir à marche forcée à la rencontre de l’ennemi.  Un peu plus tard, les deux armées se  font face.  Les 6 régiments du contingent britannique attendent les ordres avec calme et discipline.  Les soldats du côté français ne sont pas aussi ordonnés que leurs vis-à-vis.  Une bonne fraction de ces hommes sont des miliciens habitués à faire « la petite guerre ».  Il s’agit d’initier des embuscades où des raids de courte durée pour ensuite disparaître dans la nature  Dans ce type d’opération, la cohésion vient au second plan. 

 

L’effet de surprise prime sur tout. Lorsque l’on voit  une armée de métier alignée sur deux rangs (la fine ligne rouge), qui s’étire sur quelques centaines de mètres, nous sommes à des années lumière de prendre part à une embuscade …   On commence à bouger du côté des soldats français.  Malheureusement, les miliciens tirent vers des cibles encore trop éloignées. En plus, ils se donnent la peine de recharger en se couchant au sol sans attendre les ordres venant de leurs officiers. Ces manœuvres, excellentes dans d’autres circonstances, commencent à provoquer des effets pour le moins pervers. 

 Un milicien en embuscade  sur le point de faire feu.


Les « habits rouges » attendent l’avis de leurs supérieurs avant d’ouvrir le feu.  Lorsque l’armée d’en face se trouve à moins de 50 pas, plusieurs milliers de fusils déchargent  leurs plombs en même temps….  Je me donne le droit  de reprendre les propos tirés du journal de Johh Knox, un participant de cette bataille. 

 

Il a écrit : « Les 43e et 47e régiment envoyèrent aux Français une remarquable décharge, forte et rapprochée, aussi remarquable que celles auquel j’ai pu assister pendant les exercices…  Les Français disent qu’ils n’ont jamais reçu un choc aussi brutal.  Après la troisième salve, Ils abandonnèrent la partie et s’enfuirent avec précipitation.  Comme la quatrième salve commençait, les Highlanders se mirent à rugir en jetant leurs fusils par terre et brandissant leurs épées dans les airs. Les cornemuses résonnèrent, et une centaine de colosses vêtus de tartans colorés se lancèrent à la poursuite des Français qui fuyaient ».

Une ligne de soldats français sur le point de 
décharger leurs mousquets. 


Toute cette mise en scène n’aura duré que 20 minutes. Pour achever cette histoire, les deux chefs n’ont pu profiter ou subir l’après 13 septembre.  Wolfe est mort sur le champ de  bataille, entouré de son état-major.  Pour ce qui est de  Montcalm, il fut évacué à la vue de tous sur son cheval vers la ville, grièvement blessé.  Il est passé de vie à trépas le lendemain matin.   Ce fait de guerre sonne le glas de l’administration française au Canada.  Lors du traité de Paris en 1763, l’Angleterre va devenir la maîtresse incontestée de tout un continent. 

Par Claude Rouleau - Publié dans : Histoire et patrimoine - Communauté : Histoire Géographie
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Dimanche 24 mai 2009 7 24 /05 /2009 21:21

L'uniforme régimentaire du clan des Fraser.

Lors de la guerre de 7 ans, la Grande-Bretagne  doit combler ses besoins en personnels militaires.  En cette période, où les armées européennes se battent sur plusieurs continents, il est impératif d’avoir des troupes d’expérience.  Comme la pacification d’Écosse n’a pas donné les résultats escomptés malgré la défaite des insurgés à Culloden, les autorités décident de concéder quelques droits aux ennemies d’autrefois.  On permet la levée d’une armée de volontaires écossais sous le patronage de la couronne d’Angleterre.  Pour ce faire, ils seront en mesure de récupérer leurs kilts, leurs épées et de jouer à nouveau de la cornemuse. En les éloignant du Royaume-Uni, ils n’auront plus la chance de se soulever à nouveau puisqu’ils seront  loin de leurs régions d’origine.  En plus, ce qui n’est pas à négliger,  les appelés sont en mesure de manger correctement puisque l’on offre 3 repas par jour aux hommes de troupe !

 

 Quelque temps plus tard tout ce beau monde se retrouve sur des bateaux en partance vers le Nouveau-Monde.  Ils apprendront, lorsque les navires font route, qu’ils vont faire la guerre en Nouvelle-France…  Ils débarquent dans les provinces maritimes et prennent part à l’assaut de Louisbourg.  Ce sera leur premier fait d’arme en terre canadienne.  Ensuite, sous le commandement de Wolfe, ils arriveront dans la région de Québec. 

 

Un homme de troupe britannique en train de
nettoyer son fusil.

Le but est de prendre la capitale de la Nouvelle-France pour en faire une possession britannique.  Les Anglais se saisissent, non sans combattre,  l’Île d’Orléans ainsi que les bourgs de la Rive Sud, juste en face de Québec.  Les navires et les canons des assaillants bombardent sans relâche la ville.  À plusieurs reprises « les habits rouges » tentent de débarquer sur les côtes de Beauport.  Grâce à un groupe de miliciens canadiens  très mobiles, les Anglais n’arrivent pas à y prendre pied. Le siège s’éternise malgré le déluge de feu qui s’abat sur la ville.  Les Français tentent de détruire la flotte anglaise en lançant des brûlots au cours d’une nuit.  Grâce à la vigilance de quelques marins, cette tactique échoue.  Saunders, l’officier maritime de l’escadre, presse Wolf de tenter un débarquement de masse avant la glaciation du fleuve puisque nous sommes déjà en septembre.  Notre général britannique, face à cette pression, décide de tenter le grand coup. 

 

Pour faire diversion, les navires anglais canardent d’un feu nourri les battures de Beauport ainsi que les abords de la ville.  Il faut dire que Québec n’est plus qu’un amas de ruines.  La canonnade dure déjà depuis de nombreux mois.   Pendant ce temps, un petit groupe d’embarcations prend la direction de l’Anse aux Foulons.  Il en débarque un commando  de Highlanders spécialiste de la montagne. Ils montent la falaise du cap Diamant tout près du tracé actuel de la côte Gilmour. Arrivé en haut, ils trompent les sentinelles qui attendent du renfort.  La parfaite connaissance du français a joué en faveur des écossais.  Ils traversent les postes de gardes comme si de rien n’était. Ensuite, lorsque les sentinelles françaises furent  neutralisées, le gros de la troupe prend le sentier de chèvre du cap.  Quelques heures plus tard, le dispositif anglais est en place.  Les 4500 hommes du contingent  britannique attendent la riposte française qui ne saurait tarder.

 

Les troupes écossaises grimpe le cap diamant quelque
heures avant la bataille.

Par Claude Rouleau - Publié dans : Histoire et patrimoine - Communauté : Histoire Géographie
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Samedi 23 mai 2009 6 23 /05 /2009 13:27

Lorsque vous déambulez le long de certaines rues  passantes de ma cité, il est possible découvrir certains trésors qui ne demandent qu’à être découvert.  Ce sont parfois des maisons au style unique, caché au beau milieu de minuscules forêts qui empêchent nos yeux de les voir.  La Villa Bagatelle est de ce nombre. 

 

Juste à la jonction du Chemin St-Louis et du boulevard Laurier, l’œil attentif de l’automobiliste ne peut distinguer ce bâtiment noyé dans une mer d’arbres.    Lors de mes visites, je me suis toujours retrouvé plus où moins seul, un peu navré de constater combien certains sites peuvent être désertés.  Et pourtant, cet endroit est un véritable îlot de quiétude qui mérite largement le détour.

 

 Cette incursion nous plonge  au cœur d’une période révolu, du temps ou il existait de nombreuses maisons de campagne juste à la limite des faubourgs de la ville.  Les riches notables de Québec aimaient se prélasser dans ces cottages d’été au style inimitable.  Ils cherchaient à profiter de la douce brise de la campagne, sans pour autant s’éloigner de leurs demeures principales.  La plupart de ces propriétés étaient entourées de magnifiques jardins à l’Anglaise.  Il devenait agréable d’y séjourner lors des périodes de canicules estivales. Progressivement, ce genre de demeure est devenu une espèce en voie de disparition.  La qualité des routes qui va en s’améliorant ainsi que l’apparition  du chemin de fer vont développer une véritable mode pour la villégiature bien au- delà de la limite des villes.  Les cottages d’autrefois vont devenir des vestiges d’une époque à jamais disparue. Aujourd’hui, la Villa Bagatelle sert de centre d’interprétation qui présente des aspects de l’ancienne municipalité de Sillery. 

 

L’amoureux des fleurs et de l’architecture ne peut se permettre de rater cette visite qui ne coûte rien.  La Villa Bagatelle demeure le témoin des beaux  jours d’été où les enfants couraient entre les haies de fleurs odorantes il y a plus de 150 ans.  Bonne visite…


Par Claude Rouleau - Publié dans : Histoire et patrimoine - Communauté : Balades régionales.
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