Histoire et patrimoine

Mardi 26 mai 2009 2 26 /05 /Mai /2009 11:14

Quelques uniformes portés par les troupes
françaises.

Au petit matin, Montcalm est réveillé en sursaut.  Les anglais ont pris pied à Québec et sont en ordre de bataille!  Notre général français n’en croit pas ses oreilles. À force de recevoir plusieurs confirmations de différentes sources, il doit se faire une raison.  Il rassemble ses troupes à la hâte pour partir à marche forcée à la rencontre de l’ennemi.  Un peu plus tard, les deux armées se  font face.  Les 6 régiments du contingent britannique attendent les ordres avec calme et discipline.  Les soldats du côté français ne sont pas aussi ordonnés que leurs vis-à-vis.  Une bonne fraction de ces hommes sont des miliciens habitués à faire « la petite guerre ».  Il s’agit d’initier des embuscades où des raids de courte durée pour ensuite disparaître dans la nature  Dans ce type d’opération, la cohésion vient au second plan. 

 

L’effet de surprise prime sur tout. Lorsque l’on voit  une armée de métier alignée sur deux rangs (la fine ligne rouge), qui s’étire sur quelques centaines de mètres, nous sommes à des années lumière de prendre part à une embuscade …   On commence à bouger du côté des soldats français.  Malheureusement, les miliciens tirent vers des cibles encore trop éloignées. En plus, ils se donnent la peine de recharger en se couchant au sol sans attendre les ordres venant de leurs officiers. Ces manœuvres, excellentes dans d’autres circonstances, commencent à provoquer des effets pour le moins pervers. 

 Un milicien en embuscade  sur le point de faire feu.


Les « habits rouges » attendent l’avis de leurs supérieurs avant d’ouvrir le feu.  Lorsque l’armée d’en face se trouve à moins de 50 pas, plusieurs milliers de fusils déchargent  leurs plombs en même temps….  Je me donne le droit  de reprendre les propos tirés du journal de Johh Knox, un participant de cette bataille. 

 

Il a écrit : « Les 43e et 47e régiment envoyèrent aux Français une remarquable décharge, forte et rapprochée, aussi remarquable que celles auquel j’ai pu assister pendant les exercices…  Les Français disent qu’ils n’ont jamais reçu un choc aussi brutal.  Après la troisième salve, Ils abandonnèrent la partie et s’enfuirent avec précipitation.  Comme la quatrième salve commençait, les Highlanders se mirent à rugir en jetant leurs fusils par terre et brandissant leurs épées dans les airs. Les cornemuses résonnèrent, et une centaine de colosses vêtus de tartans colorés se lancèrent à la poursuite des Français qui fuyaient ».

Une ligne de soldats français sur le point de 
décharger leurs mousquets. 


Toute cette mise en scène n’aura duré que 20 minutes. Pour achever cette histoire, les deux chefs n’ont pu profiter ou subir l’après 13 septembre.  Wolfe est mort sur le champ de  bataille, entouré de son état-major.  Pour ce qui est de  Montcalm, il fut évacué à la vue de tous sur son cheval vers la ville, grièvement blessé.  Il est passé de vie à trépas le lendemain matin.   Ce fait de guerre sonne le glas de l’administration française au Canada.  Lors du traité de Paris en 1763, l’Angleterre va devenir la maîtresse incontestée de tout un continent. 

Par Claude Rouleau - Publié dans : Histoire et patrimoine - Communauté : Histoire Géographie
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Dimanche 24 mai 2009 7 24 /05 /Mai /2009 21:21

L'uniforme régimentaire du clan des Fraser.

Lors de la guerre de 7 ans, la Grande-Bretagne  doit combler ses besoins en personnels militaires.  En cette période, où les armées européennes se battent sur plusieurs continents, il est impératif d’avoir des troupes d’expérience.  Comme la pacification d’Écosse n’a pas donné les résultats escomptés malgré la défaite des insurgés à Culloden, les autorités décident de concéder quelques droits aux ennemies d’autrefois.  On permet la levée d’une armée de volontaires écossais sous le patronage de la couronne d’Angleterre.  Pour ce faire, ils seront en mesure de récupérer leurs kilts, leurs épées et de jouer à nouveau de la cornemuse. En les éloignant du Royaume-Uni, ils n’auront plus la chance de se soulever à nouveau puisqu’ils seront  loin de leurs régions d’origine.  En plus, ce qui n’est pas à négliger,  les appelés sont en mesure de manger correctement puisque l’on offre 3 repas par jour aux hommes de troupe !

 

 Quelque temps plus tard tout ce beau monde se retrouve sur des bateaux en partance vers le Nouveau-Monde.  Ils apprendront, lorsque les navires font route, qu’ils vont faire la guerre en Nouvelle-France…  Ils débarquent dans les provinces maritimes et prennent part à l’assaut de Louisbourg.  Ce sera leur premier fait d’arme en terre canadienne.  Ensuite, sous le commandement de Wolfe, ils arriveront dans la région de Québec. 

 

Un homme de troupe britannique en train de
nettoyer son fusil.

Le but est de prendre la capitale de la Nouvelle-France pour en faire une possession britannique.  Les Anglais se saisissent, non sans combattre,  l’Île d’Orléans ainsi que les bourgs de la Rive Sud, juste en face de Québec.  Les navires et les canons des assaillants bombardent sans relâche la ville.  À plusieurs reprises « les habits rouges » tentent de débarquer sur les côtes de Beauport.  Grâce à un groupe de miliciens canadiens  très mobiles, les Anglais n’arrivent pas à y prendre pied. Le siège s’éternise malgré le déluge de feu qui s’abat sur la ville.  Les Français tentent de détruire la flotte anglaise en lançant des brûlots au cours d’une nuit.  Grâce à la vigilance de quelques marins, cette tactique échoue.  Saunders, l’officier maritime de l’escadre, presse Wolf de tenter un débarquement de masse avant la glaciation du fleuve puisque nous sommes déjà en septembre.  Notre général britannique, face à cette pression, décide de tenter le grand coup. 

 

Pour faire diversion, les navires anglais canardent d’un feu nourri les battures de Beauport ainsi que les abords de la ville.  Il faut dire que Québec n’est plus qu’un amas de ruines.  La canonnade dure déjà depuis de nombreux mois.   Pendant ce temps, un petit groupe d’embarcations prend la direction de l’Anse aux Foulons.  Il en débarque un commando  de Highlanders spécialiste de la montagne. Ils montent la falaise du cap Diamant tout près du tracé actuel de la côte Gilmour. Arrivé en haut, ils trompent les sentinelles qui attendent du renfort.  La parfaite connaissance du français a joué en faveur des écossais.  Ils traversent les postes de gardes comme si de rien n’était. Ensuite, lorsque les sentinelles françaises furent  neutralisées, le gros de la troupe prend le sentier de chèvre du cap.  Quelques heures plus tard, le dispositif anglais est en place.  Les 4500 hommes du contingent  britannique attendent la riposte française qui ne saurait tarder.

 

Les troupes écossaises grimpe le cap diamant quelque
heures avant la bataille.

Par Claude Rouleau - Publié dans : Histoire et patrimoine - Communauté : Histoire Géographie
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Samedi 23 mai 2009 6 23 /05 /Mai /2009 13:27

Lorsque vous déambulez le long de certaines rues  passantes de ma cité, il est possible découvrir certains trésors qui ne demandent qu’à être découvert.  Ce sont parfois des maisons au style unique, caché au beau milieu de minuscules forêts qui empêchent nos yeux de les voir.  La Villa Bagatelle est de ce nombre. 

 

Juste à la jonction du Chemin St-Louis et du boulevard Laurier, l’œil attentif de l’automobiliste ne peut distinguer ce bâtiment noyé dans une mer d’arbres.    Lors de mes visites, je me suis toujours retrouvé plus où moins seul, un peu navré de constater combien certains sites peuvent être désertés.  Et pourtant, cet endroit est un véritable îlot de quiétude qui mérite largement le détour.

 

 Cette incursion nous plonge  au cœur d’une période révolu, du temps ou il existait de nombreuses maisons de campagne juste à la limite des faubourgs de la ville.  Les riches notables de Québec aimaient se prélasser dans ces cottages d’été au style inimitable.  Ils cherchaient à profiter de la douce brise de la campagne, sans pour autant s’éloigner de leurs demeures principales.  La plupart de ces propriétés étaient entourées de magnifiques jardins à l’Anglaise.  Il devenait agréable d’y séjourner lors des périodes de canicules estivales. Progressivement, ce genre de demeure est devenu une espèce en voie de disparition.  La qualité des routes qui va en s’améliorant ainsi que l’apparition  du chemin de fer vont développer une véritable mode pour la villégiature bien au- delà de la limite des villes.  Les cottages d’autrefois vont devenir des vestiges d’une époque à jamais disparue. Aujourd’hui, la Villa Bagatelle sert de centre d’interprétation qui présente des aspects de l’ancienne municipalité de Sillery. 

 

L’amoureux des fleurs et de l’architecture ne peut se permettre de rater cette visite qui ne coûte rien.  La Villa Bagatelle demeure le témoin des beaux  jours d’été où les enfants couraient entre les haies de fleurs odorantes il y a plus de 150 ans.  Bonne visite…


Par Claude Rouleau - Publié dans : Histoire et patrimoine - Communauté : Balades régionales.
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Jeudi 21 mai 2009 4 21 /05 /Mai /2009 12:27

L’hôpital général est original à plus d’un titre. Il s’agit du deuxième établissement hospitalier du Canada et iI est encore en activité de nos jours. Il date de 1692 et fut fondé par Mgr de St-Vallier. Le site de cet établissement se trouve sur les ruines  d'anciennes dépendances de la communauté des Récollets .  Il est intéressant de visualiser l’extérieur où l’on retrouve plusieurs types d’architecture.  Le monastère est  occupé par les Augustines Hospitalières. Cette communauté religieuse a géré pendant plusieurs siècles cet hôpital destiné, dès son inauguration, aux personnes âgées ainsi qu’aux gens sans ressource.  À l’intérieur des murs du monastère, nous sommes à même de visiter un musée qui retrace son histoire  ainsi que l’évolution de la communauté religieuse qui en fût le maître d’œuvre jusque dans les années soixante. 

 

Le territoire qui couvre cet endroit possède encore ses lettres patentes qui en fait une municipalité à part entière.  Il faut savoir que dans le passé, les possessions foncières des communautés religieuses étaient reconnues à ce titre.  Il va de soi que la cité de Notre-Dame-Des-Anges est la plus petite municipalité de la région et il  n’est pas question de fusion! 

 

La chapelle de cet établissement fut construite en 1671. C'était le lieu de culte des Récollets avant que les Augustines occupent l’endroit. Le maître-autel est une œuvre de Noël Levasseur tandis que le parement du tombeau d’autel est de Thomas Ballargé.

 

Comme cet l’établissement se trouve en retrait des habitations, ainsi qu’à proximité  d’un cours d’eau, il a été épargné par les nombreux incendies qui ont ravagé ce secteur de la ville.

 

Juste en retrait des installations de l’hôpital, dans une petite zone de verdure, il nous est possible de percevoir les restes d'un  moulin à vent qui servait à moudre la farine de la communauté religieuse.  C’est le seul vestige de ce genre qui existe dans toute l’agglomération de Québec. 

 

 

Par Claude Rouleau - Publié dans : Histoire et patrimoine - Communauté : Histoire Géographie
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Mardi 19 mai 2009 2 19 /05 /Mai /2009 12:20

Cet endroit est fréquenté aussi en hiver. Sur
ce cliché, on y distingue une des tours du
Chateau Frontenac, l'hotel le plus célèbre
 de Québec.

Ma cité a toujours su s’entourer de passionnés qui ont travaillé d’arrache-pied pour conserver le cachet unique de Québec. C’est grâce à ce petit groupe que la ville réussit à  se transformer sans trop subir les heurts du temps.   Je n’ose pas imaginer ce qui serait arrivé si des personnes comme Lord Dufferin n’étaient  pas intervenues pour préserver les murs d’enceinte entourant la vieille ville.. Il faut savoir que cette personnalité, gouverneur général du Canada entre 1872 et 1878, était un amoureux inconditionnel de Québec.  Il a été le premier à utiliser la citadelle comme seconde résidence officielle.  Lorsque des fonctionnaires municipaux ont proposé de raser les murs pour fournir de l’espace supplémentaire en prévision d’une expansion urbaine, il s’y est opposé formellement.  Il tenait à conserver l’aspect d’une ville fortifiée, même si Québec ne craignait aucun danger provenant de l’extérieur.  C’est un peu grâce à lui si la vieille ville réussi à décrocher le titre de patrimoine mondial accordé par l’UNESCO dans les années 80.

 

 Lors de son dernier passage officiel en 1878, il a posé la première pierre d’une nouvelle promenade piétonnière surplombant le fleuve.  Imaginé par ce dernier et développé par l’architecte Charles Baillargé, ils ont réussit à agrandir et embellir un lieu construit en 1838 avec les conseils de Lord Durham.  Il faut aussi avoir à l’esprit que les kiosques, les bancs ainsi que les lampadaires intégrés  à cet environnement s’inspirent du mobilier urbain parisien de la même période.

 

 Très rapidement la terrasse est devenue le lieu de villégiature le plus couru de ma cité.  En plus d’avoir une vue splendide du fleuve, du port et de Place Royale, cet endroit grouille d’amuseurs publics  et de musiciens itinérants qui  agrémentent cet espace public privilégié.  Je ne voudrais pas garder sous silence le passage des « bouquinistes du « St-Laurent ».  Cette manifestation estivale, étalée sur quelques semaines, regroupe une quarantaine de marchands de livres offrant des bouquins introuvables dans les librairies. 

 

Pour ma part, j’ai toujours plaisir à m’y balader.  En été comme en hiver, il est toujours agréable de s’y promener, d’observer les promeneurs et respirer l’air du fleuve.  Peu importe le moment ou la saison, il est toujours fort agréable d’y être, ne serait-ce que pour y flâner.


Une superbe vue du quartier du port.  On peut aussi y
admirer une section de la terrasse Dufferin..

Par Claude Rouleau - Publié dans : Histoire et patrimoine - Communauté : Balades régionales.
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