Histoire et patrimoine

Mardi 28 juillet 2009 2 28 /07 /2009 16:18


La veille, j’ai parlé de la personnalité exceptionnelle de Charles de Gaulle, de son parcours sur le chemin du Roy ou des centaines de milliers de personnes  se sont massés pour le voir et l’entendre.  Et puis, quelques jours plus tard, lors d’un célèbre discours dont tout le monde se souvient, il a lancé un « vive le Québec libre » bien senti.  Depuis ce temps, de nombreux spécialistes se perdent en conjoncture à propos de cette boutade.  Pour ma part je crois que cet homme d’état voulait provoquer un coup de force qui permettrait à l’état québécois de voler de ses propres ailes.  Il faut savoir ici que le Québec avait ouvert une délégation à Paris quelques années auparavant. Des liens solides s’étaient crées entre les deux états.  Il faut aussi avoir à l’esprit que « La belle Province » s’était donné des moyens de développement pour engendrer un état moderne.  Tout d’un coup, nous étions devenus une espèce de modèle pour de nombreux pays qui venaient de prendre leur indépendance.  La planète vivait une période de décolonisation.  Le chef de l’état français ,anticipant un Québec souverain, voyait très bien cet état comme un leader au sein d'un Commonwealth à la française.  Cette vue de l’esprit rejoignait aussi la pensée de Daniel Johnson, premier ministre du Québec d’alors.  Impossible  d’oublier la devise de ce dernier : « égalité ou indépendance »… 

 

Imaginer un peu le scénario d’ici.  Le président de la République Française fait une entrée fracassante au Québec.  Il visite « Terre des hommes », le site de l'exposition international de Montréal.  Ensuite, sur le  coup de l’émotion, il s’emporte et prononce sa fameuse phrase.  Il va sans dire que les ténors du gouvernement fédéral s’offusque de cette intrusion au sein de sa politique intérieure. Suite à ce coup de force le Canada cesse ses relations diplomatiques avec la France.  Cette dernière, libérée de ses obligations, reconnaît le Québec comme un état de plein droit.  Il s’ensuit une reconnaissance de tous les états qui était sous la gouverne de l’Hexagone du temps de la colonisation.  L’affaire est dans le sac!  Le Québec devient un pays au sens propre. 

 

Malheureusement, le plan a eu plusieurs ratés.  Pour ce qui est des relations diplomatiques, le premier ministre canadien, Lester B. Pearson, l’a vu venir.  En bon diplomate qu’il était, il avait flairé une partie du piège.  En parfaite contradiction avec Trudeau, alors ministre, il fait montre d’une certaine contrariété sans pour autant chasser l’ambassadeur français.  De son coté Daniel Johnson a de la difficulté à vivre avec cette tension.  Les pressions arrivent de toute part.  On saura plus tard que ce dernier porte en lui les germes d’une maladie qui va avoir raison de lui.  De Gaulle en est quitte pour retourner rapidement en France sans demander son reste.   L’effort était louable.  Cette tentative a bien failli réussir….
Par Claude Rouleau - Publié dans : Histoire et patrimoine
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Partager    
Dimanche 26 juillet 2009 7 26 /07 /2009 14:35


La Basilique du sanctuaire de Sainte-Anne

Lors d’une sortie en mer, des marins bretons  sont  en mauvaise posture.  Une série de forts courants sont en train de mener leur embarcation vers un naufrage certain.  Pour éviter de sombrer,  ils se sont mis à prier Ste-Anne, patronne des marins.  Si jamais ils échappent à la mort, les navigateurs s’engagent à construire une petite chapelle pour souligner leurs reconnaissances.  Presque aussitôt le calme revint. Quelques mois plus tard, ils se sont mis à la tâche.  Sur les rive du St-Laurent, en face de l’Île d’Orléans, ils ont érigé un minuscule lieu de culte dédié à la grand-mère de Jésus.  C’était en 1650. Dès la construction de cette première chapelle,  un ouvrier a vécu un événement extraordinaire.   Notre homme a de la difficulté à transporter une pierre puisqu’il doit marcher à l’aide d’une béquille.  Sans trop savoir pourquoi, il quitte le chantier bien solide sur ses jambes.  Un premier événement extraordinaire vient de se produire.  Au fur et à mesure du peuplement de la côte de Beaupré, des paroisses sont crées.  La chapelle disparaît pour faire place à une église.  Les gens y viennent toujours en nombre grandissant, ayant à l’esprit la guérison du travailleur de la première heure.  Et puis, lors de la guerre de conquête, les anglais tentent d’incendier l’église.  Ils n’ont pas réussit leur œuvre de destruction…  Est-ce un autre miracle?


La statut de Sainte-Anne se trouvant
à l'intérieur de la Basilique. 
 

Les décennies passent et repassent. Le clergé local a de plus en plus de peine à administrer cette paroisse, qui se gonfle de nombreux voyageurs qui prennent le temps de prier la « bonne Sainte-Anne ».  Face à ce lot de fidèles toujours plus nombreux, le diocèse décide de confier cette paroisse, pas comme les autres, à la congrégation des Rédemptoristes. Le sanctuaire de Sainte-Anne allait pouvoir voler de ses propres ailes.  On va y construire une Basilique qui va passer au feu dans les années vingt.  Avec l’aide de la communauté et des pèlerins, une autre sera construite.  Tout alentour, les hôtels et les restaurants poussent comme de la mauvaise herbe.  Le village devient un centre de service pour accommoder le flot grandissant de fidèles allant au sanctuaire.  Les paroisses de la région, de la province, et même de plus loin organisent des voyages avec la régularité d’une horloge.  Dans la première moitié du XXe siècle, ils seront des millions à venir faire leurs dévotions à la sainte patronne des « canadiens-français ».  Le choc des années soixante va briser cet élan.  Malgré le ressac dû à l’abandon de la pratique religieuse, le sanctuaire a toujours su garder un niveau de visiteurs important.  Pour ce qui de l’année dernière,1.5 million de personnes se sont donné la peine d’aller y  faire un tour.  Le sanctuaire de Sainte-Anne de Beaupré est le site le plus visité de la région , juste après les attractions du Vieux-Québec.   Dans le cadre de la neuvaine,qui se temine avec la fête aujourd'hui,  les gestionnaires du site s’attendent à recevoir une foule de 100,000 personnes.   

La fontaine extérieure, construite l'année
dernière, pour souligner les 350 ans
d'existence du site.
 

Il n’est pas nécessaire d’être catholique pour apprécié cet endroit.  L’architecture de la Basilique, la beauté du site, les attractions présentes ainsi que le paysage en valent largement la peine.  Je vous conseille aussi de vous y rendre par le chemin Royal. Il s’agit de la plus vieille route de l’Amérique du Nord.  On y trouve un patrimoine bâti qui date de plusieurs siècles. Et en plus, pour les amateurs, il est possible de vivre de belles expériences gastronomiques.  Comme il existe de nombreux vignobles le long de certte route, il est possible de faire des découvertes surprenantes.   Quoi demandez de plus…

Par Claude Rouleau - Publié dans : Histoire et patrimoine - Communauté : Balades régionales.
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Mardi 30 juin 2009 2 30 /06 /2009 12:29

La Villa Montcalm avant sa destruction

J’ai passé une grande partie de mon enfance à observer la beauté du fleuve sur un promontoire situé à moins de 5 minutes de ma demeure.  Des années plus tard, j’ai appris que ce poste d’observation était le même que celui du marquis de  Montcalm en 1759.  De cet endroit, le chef de guerre de l’armée française disposait d’une vue imprenable de Québec et de ses environs.  Il s’est empressé de réquisitionner le site ainsi que les quelques demeures qui s’y trouvaient.  Avec le temps, l’ensemble des bâtiments ont disparu sauf le QG du général.  Surnommé « Villa Montcalm », il fut la demeure d’un riche brasseur ainsi que de deux maires de la municipalité  de Beauport. Le tout fût cédé à l’exploitant d’une carrière située à proximité du site.  Avec le temps, l’endroit disparaît dans  l’oubli.  Le propriétaire  y fait un entretien minimum et deux familles y demeurent.   En 1977, à la veille de l’homologation du statut historique du bâtiment, le propriétaire des lieux rase la maison.  À l’époque, les archéologues de Québec considèrent cette perte comme « une démolition zélée ».  On a d’ailleurs rajouté l’insulte à l’injure en allant jusqu’à jeter les débris dans un site d’enfouissement…

 

 À quelques dizaines de mètres du site, un ancien Centre jeunesse occupe un immense espace.  Il a été estimé  que la rénovation du bâtiment serait trop coûteuse.  À l’abandon depuis des années, ce lieu  se cherche désespérément une autre vocation.  En 2005, la compagnie « Olymbec » acquiert tout le lot de la corporation d’hébergement du Québec, un organisme gouvernemental qui gérait l’endroit.  Il était  question de raser le centre pour en faire un édifice à condos.  Pour des raisons plutôt obscures, « Olymbec » refuse la transaction lors de la signature du contrat de vente. En attendant que les tribunaux tranchent le litige, la Société d’art et d’histoire de Beauport souhaite qu’une portion du site soit protégée et aménagée. 

 

Comme le poste d’observation de l’armée anglaise est préservé, on souhaite pouvoir faire la même chose pour les anciennes installations françaises.  L’avenir nous dira probablement si  la ville sera capable de rendre accessible au public ce merveilleux endroit

 

Par Claude Rouleau - Publié dans : Histoire et patrimoine - Communauté : Blogueurs du Québec
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Lundi 29 juin 2009 1 29 /06 /2009 11:50

 

Une vue du Palais Montclam prise en hiver de nuit...

 

Après des travaux majeurs, échelonnées sur plusieurs années, le Palais Montcalm a repris le titre de « maison de la musique » pour  la plus joie des mélomanes.    Cet endroit, voué aux arts de la scène et aux divertissements,  a subi une importante cure de jouvence. Inauguré en 1932, ce grand édifice public abritait l’Institut canadien et sa bibliothèque publique, l’une des plus grandes salles de spectacle de Québec ainsi qu’une piscine municipale. Dans les années quarante, lors du déménagement de L’institut canadien,  l’espace vacant fut comblé par la station régionale de Radio-Canada.  Pendant plus de 30 ans, ce poste de radio émit ses émissions de cet endroit. La grande salle de 1200 places servit de pied-à-terre à une troupe de théâtre professionnelle en plus de recevoir de nombreux artistes de passage.  Rénové à deux reprises elle devient, vers le milieu des années 80,  le point d’ancrage « des violons du Roy » un orchestre classique d’une quarantaine de musiciens dédié à la musique baroque.  Une dizaine d’année plus tard, le complexe ferme ses portes.  À la recherche d’une vocation spécifique  et ayant besoin de travaux de rénovations majeures,  le Palais Montcalm cesse ses opérations. 

 

Plusieurs options sont envisagées pour revamper les installations de ce complexe.  Dans un premier temps, devant le nombre de lieux de spectacle de cette envergure, il n’est pas pensable d’en faire une salle polyvalente.  Par contre, l’on se rend compte qu’il n’existe pas de site dédiée à la musique classique.  Un consensus apparut rapidement.  « Les violons du Roy », qui a occupé les lieux pendant quelques années, proposent d’en faire leur pied-à-terre permanent et de produire des concerts pour petits et moyens ensembles.  Après quelques réflexions cette idée devient un projet concret.  Le Palais Montcalm va devenir une maison de la musique. 

 

Les travaux de rénovations vont devenir une sorte de cauchemar.  Les retards s’accumulent devant des impondérables non prévus.  Il a fallu solidifier le sol lors du creusage du plancher de la future salle.  Les murs ont dû recevoir une isolation supplémentaire à cause d’un terminus de transport en commun à proximité.    Lors de la réfection du toit, un incendie est venu détruire une partie non négligeable des travaux déjà terminés.  Pour finaliser le tout, l’entreprise, supervisant le chantier, a déposé une hypothèque légale de manière à être  payée.  Les autorités municipales refusaient  de verser l’argent demandé  à cause du dépassement des coûts.    Il a fallu une entente hors cour pour que les parties puissent s’entendre à l’amiable. 

 

Tous s’entendent pour dire que la qualité acoustique de cette salle est  exceptionnelle.   Ce lieu est devenu un rendez-vous incontournable pour de nombreux amateurs de musique et j’en suis fort heureux….  

 

Par Claude Rouleau - Publié dans : Histoire et patrimoine - Communauté : Blogueurs du Québec
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Vendredi 12 juin 2009 5 12 /06 /2009 12:39

Pour embellir l’une des extrémités de la terrasse et commémorer le passage de Samuel de Champlain, la Société St-Jean Batiste propose d’y installer un monument à la gloire du fondateur de ma cité. Ce dernier est dévoilé le 21 septembre 1898 par nul autre que Lord Aberdeen, gouverneur-général du Canada. Son socle fut dessiné par Paul Cardonnel, architecte officiel de la ville.

Les deux sculptures qui ornent l’ensemble sont l’œuvre de Paul Chevré, un artiste Français. Plusieurs détails de cette installation font parti de la petite histoire. La pierre, qui a servi à construire le monument, est la même que l’Arc de Triomphe de Paris. Pour donner une image au personnage, l’artiste s’est servi du physique de Particelly d’Emery, un contrôleur des finances à la réputation douteuse. Il y a aussi une erreur de taille lorsque l’on lit l’une des plaques se trouvant sur le monument.

 Champlain n’a jamais été gouverneur de Québec, ce rôle a appartenu à Charles Huault de Montmagny (1636-1648). Malgré la célébrité de cet explorateur, il n’existe aucun portrait de Samuel de Champlain. Les illustrations existantes sont le fruit de l’imagination des artistes qui ont tenté de lui donner un visage. Il en est de même pour son lieu de sépulture. René Lévesque, un archéologue amateur à la patience légendaire, a eu beau chercher dans tous les recoins de ma cité, il n’a rien trouvé jusqu’à maintenant. Même si Champlain trône sur ma cité, il est intéressant de constater qu’il existe encore des zones obscures.

Par Claude Rouleau - Publié dans : Histoire et patrimoine - Communauté : Blogueurs du Québec
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Juillet 2010
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>

Recommander

Derniers Commentaires

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés