Même si je déambule dans Québec depuis toujours, je me suis retrouvé devant de nombreux paysages que je
n’avais jamais observés avant l’écoute du merveilleux film de Jean-Claude Labrecque « Infiniment Québec ». Grâce à son talent, je me suis
retrouvé à survoler le Château Frontenac un jour de tempête d’hiver. J’ai traversé le fleuve dans un canot, franchissant les amoncellements de
glace grâce à la force de mes bras. J’ai vu mes semblables se dirigeant, d’un pas assuré et fier, vers les plaines d’Abraham pour assister au spectacle de la St-Jean. J’ai rencontré une religieuse, posant à l’intérieur des murs de son
couvent vieux de 350 ans. On aurait dit que le temps s’était arrêté. J’ai même aperçu un couple de jeunes mariés, posant pour la postérité, à l’intérieur du parc des gouverneurs.
Ce cinéaste de talent, qui a appris les rudiments de la photographie dans l’un des meilleurs studios de la Basse-Ville, promène sa caméra au travers d’une ville qu’il connaît bien. À cause de certaines contraintes de temps, il s’est limité à nous montrer les quartiers se trouvant à l’intérieur des murs fortifiés. Et comme Québec est la seule ville du genre en Amérique du Nord, nous avons souvent l’impression d’être ailleurs. C’est comme si la veille Europe s’était donné la peine de nous faire un cadeau. Cette sensation est appuyée grâce à la narration de Gilbert Sicotte. Il nous raconte, en voix off, comment le réalisateur avait présenté sa ville à l’un de ses compagnons de classe, un noble d’origine française qui avait fui les horreurs de la Deuxième Guerre mondiale. Dans l’imaginaire du jeune Jean-Claude Labrecque, sa ville était aussi belle et aussi vieille que les grandes capitales européennes. Il s’amusait à présenter son coin du monde comme la tête de pont d’un empire digne d’être reconnu comme l’égal des cités royales du vieux continent.
Il demeure que ce film est un merveilleux passeport pour découvrir cette ville d’exception qu’est Québec. Grâce à ce dernier, nous avons la chance d’admirer des vues croquées au travers les 4 saisons tant en extérieur qu’en intérieur. Même si je ne suis pas du genre à être chauvin, je crois que ce moyen-métrage mérite de gagner de nombreuses distinctions. La qualité des images, le propos du réalisateur, sa vision de la ville ainsi que la narration sont, du moins pour moi, une superbe leçon de cinéma. Je vous conseille fortement de vous procurer ce film en DVD. Je suis certain qu’il va devenir l’une des vedettes de votre vidéothèque.
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