Mercredi 6 mai 2009 3 06 /05 /Mai /2009 12:04

J’habite le  quartier de Limoilou depuis de nombreuses années. .  Ce vaste ensemble de rues et de ruelles est un merveilleux univers urbain. Ce coin de la ville, avec ses petits commerces et ses habitations à logements multiples dégage un charme certain.  Depuis toujours, c’est le fief d’un de nos artistes les plus attachants de Québec. Même s’il nous a quitté depuis quelques années, l’ombre de Sylvain Lelièvre continue de planer au sein de son quartier de prédilection. 

 

À la fois chansonnier, écrivain, parolier et enseignant, ce créateur au registre  varié réussissait, par ses textes simples en apparence, à émouvoir un très large public. Il était capable de donner du «swing» à une mélodie pour en faire une chanson à la ritournelle accrocheuse. Au début, il a commencé à se faire connaître en donnant écrivant pour des interprètes. Son premier succès date de 1963. Il s’agit de « Des amours anciennes » qui a d’ailleurs permis à Monique Leyrac de gagner un prix international d’interprétation.  Ensuite, 10 ans se sont passés avant que les disques de Sylvain Lelièvre prennent d’assaut les rayons des disquaires.  Arrive enfin l’activité de la « Chant’août » de 1975 qui l’a vraiment lancé. C’est à partir de cette période qu’un public de plus en plus nombreux fredonne les chansons qui deviendront des classiques. On n’a qu’à penser à « Petit matin ».

 

Deux thèmes principaux dépeignent l’œuvre de cet auteur-compositeur-interprète. A l’écoute de ses pièces, on retient une urgence de vivre doublée d’une dose de nostalgie dissimulée dans le refuge du souvenir. Les années 80 ont beau passer, notre québécois réussit à surfer sur les modes sans pour autant changer son style.  Il évite de tomber dans la « pop facile » travaillant à peaufiner des chansons comme « Lettre à Toronto» ainsi que «Je flâne en chemin». 

 

Ayant grandi au son des grands orchestres de jazz des années 50, il décide de prendre un tournant singulier à l’aube du nouveau millénaire. Ainsi donc, l’album   «Qu’est-ce qu’on fait de nos rêves» est enregistré lors d’un spectacle au Théâtre Petit Champlain de Québec. À ce moment-là, il vient de fermer la boucle d’un genre qui lui allait comme un gant. Arrive « Versant Jazz » où notre artiste, accompagné d’un petit ensemble de musiciens (quintette ou trio), se permet d’adapter son répertoire à la sauce du be-bop des petites boîtes de l’après-guerre. 

 

J’ai eu la chance d’assister à l’une de ses prestations une semaine avant son décès le 30 avril 2002.  Il n’a malheureusement pas survécu à un problème cérébral subi lors d’un vol en avion de retour des Îles de la Madeleine où il venait de donner un atelier d’écriture.

 

En souvenir de Sylvain Lelièvre, cet enfant chéri de Québec, la ville a érigé en son honneur à l’entrée de Limoilou un Parc où marcheurs, flâneurs et visiteurs peuvent lire et chantonner les paroles d’airs connus de son répertoire. 

Par Claude Rouleau - Publié dans : Musique - Communauté : Blogueurs du Québec
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