Mardi 12 mai 2009 2 12 /05 /Mai /2009 12:17

Cette carte postale nous montre une partie de
la rue Champlain. Elle date du début du XXe siècle.

Vers la fin de la première moitié du XIXe siècle, l’Irlande connaît la pire famine de son histoire.  Sous l’effet conjugué de mauvaises conditions climatiques et d’une  monoculture agricole, le pays des fils de Gaël subit un épouvantable martyr. La nourriture pour tous n’est plus qu’un lointain souvenir.  Et en plus, les habitants doivent fuir leurs demeures puisqu’ils ne peuvent plus dédommager les propriétaires, pour la plupart britanniques,  qui les chassent sans ménagement.  Pour fuir la grande faucheuse de la mort, des dizaines de milliers d’Irlandais s’embarquent pour le Canada en quête d’un meilleur futur. Malheureusement, les abîmes du royaume des ombres continuent de s’abattre sur ce peuple.  L’insalubrité des bateaux et la maladie viendra chercher son lot de victime comme si ce n’était pas assez.

 

 Des milliers de personnes  iront mourir à « La Grosse Île » une quarantaine obligée pour les navires en provenance des ports du Royaume-Uni. De nombreux Irlandais  réussiront à combattre le mauvais sort.  Arrivant à Québec, plusieurs s’installent au abord du port.  Très rapidement ils vont peupler le quartier du Cap Blanc dont fait partie la rue du Petit-Champlain.  Grâce aux activités portuaires ainsi qu’à leurs habiletés manuelles,  les Irlandais arrivent à se trouver du travail comme débardeur ou bien manœuvre dans les chantiers maritimes.  Ils habitent des maisons qui ressemblent plus à des masures.  Il faut savoir que la rue du Petit-Champlain est en terre battue et que les trottoirs sont faits en planches de bois. L’eau courante est inexistante sans compter qu’il faut redoubler de prudence à cause des éboulis de pierres venant des hauteurs du cap.  Malgré tout, il fait bon  vivre au sein d’une communauté catholique qui a ouvert largement ses bras pour recevoir cet important flot de personnes.  Avec le temps, des familles francophones viendront aussi  y faire leurs nids.

 

Cette carte postale date de plusieurs décennies.
Elle nous montre le funiculaire du temps qu'il
cirlulait dans un couloir.

 
Grâce aux  activités commerciales de la Basse-Ville, un groupe d’hommes d’affaires décide d’y installer un funiculaire. Il entre en fonction en 1879.  Au départ, il s’agit plutôt d’un ascenseur pour transporter des animaux et des marchandises vers la Haute-Ville.   Ce dernier va connaître son lot de malheur.  Il sera la proie des flammes à plusieurs reprises.  Il s’en est fallut de peu que la terrasse soit emportée par l’un de ces incendies.  Il faut savoir que les premiers moteurs, qui actionne le funiculaire, fonctionnent  au charbon. Très souvent,  des braises sortaient par la cheminée. Voilà pourquoi   l’ensemble des installations se trouvait dans un espèce de couloir recouvert d’un toit de tôle.  Pour ceux qui sont en forme, ils peuvent monter « l’escalier casse-cou ».  De nos jours, il n’y a aucun problème à l’utiliser. Par contre, l’enjamber dans un autre siècle relevait de la haute-voltige puisqu’il n’y avait pas d’escalier à proprement parler.  Il s’agissait d’un mauvais sentier.   

 

Par Claude Rouleau - Publié dans : Histoire et patrimoine - Communauté : Balades régionales.
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