Mercredi 20 mai 2009 3 20 /05 /Mai /2009 11:55

Ce cliché nous montre le premier pont, de structure
cantilever. Il s'agit plus long de sa catégorie au monde.
Juste à coté, nous sommes à même de voir un ouvrage
beaucoup plus jeune dont la tablier est suspendu.

Nous avons beau vivre une période ou l’argent est rare, il demeure que je me  pose de sérieuses questions devant le refus de certaines corporations à investir dans ses propres infrastructures. À cause d’un imbroglio au niveau des droits de propriété, l’un des plus représentatifs exemples d’ouvrage d’art dans le monde est en train de se désagréger.  Jusqu’à preuve du contraire il sert à tout le monde  mais personne ne veut assumer le coût de sa réfection. Je parle ici du pont de Québec. 

 

Véritable icône architecturale, ce pont est une pure merveille.  Sa structure, de type cantilever ainsi que sa construction, ou la mort prit son butin à plusieurs reprises, fait parti de la riche histoire du génie civile.  Les trains ainsi que les automobiles l’empruntent depuis presque un siècle.  Il permet la traversée du fleuve St-Laurent pour aboutir vers la Rive-Sud.  Même si ce dernier a maintenant un rival depuis plus de 30 ans, il demeure essentiel pour ce qui est du trafic ferroviaire.  Et pourtant…

 

Depuis quelques années, ce pont n’en finit plus de mourir à petit feu. Il se dégrade au point d’en perdre des morceaux.  De petites couches de métal, complètement rouillées, tombent de temps à autre sur le boulevard Champlain situé juste en dessous.  Tout le monde crie à la Vierge offensée mais personne n’est prêt à investir les 60 millions de dollars requis pour le rénover comme il se doit.  Même s’il appartient de fait au Canadien National, cette dernière conteste son droit de propriété.  Elle affirme que le pont de Québec est un bien du gouvernement canadien.  Il va sans dire que le fédéral conteste le fait de posséder ce bien d’utilité publique.  Pendant ce temps, le ministère des Transports du Québec  s’en lave les mains même si cet ouvrage permet la circulation des biens entre les deux rives d’un cours d’eau.   

 

En attendant le règlement de cette querelle, c’est l’ensemble de la société qui risque de payer le prix fort. Il est impératif d’amorcer la rénovation pendant qu’il en est encore temps.  Avec les facilités actuelles, pour ce qui est des programmes de réfections, instaurés pour faire tourner l’économie en temps de crise, il serait de bon augure de s’y mettre maintenant.  Il sera toujours temps de faire suivre la facture lorsque le tribunal aura statué à savoir  qui sont les véritables propriétaires…

 

Cette image nous démontre les différences de conceptions entre
ces deux ouvrages.

Par Claude Rouleau - Publié dans : Billet - Communauté : Blogueurs du Québec
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