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Voilà le diocèse dans
de beaux draps! Une paroisse au grand complet se retrouve sans pasteur. Comment faire pour redorer le
blason de ce coin abandonné et sans ressource… Il faut agir vite tout en usant de doigté. Après avoir
réfléchi rapidement, l’évêque appelle de toute urgence l’une de ses vielles connaissances. Il s’agit du supérieur d’une communauté qui souhaite,
depuis quelques années, d’avoir un pied-à-terre au Québec. Malheureusement pour ce dernier, à cause d’une certaine surenchère doublée d’une
compétition entre congrégations, il doit attendre le bon vouloir d’un prélat de la « Belle Province ». Pour l’instant, ils sont installés
de l’autre côté de la frontière, dans la région d’Ottawa. En attendant qu’on lui offre une charge, son ordre reste attentif. Étant des prédicateurs accomplis, ils sont en contact avec l’ensemble des régions du Québec. Ils espèrent le
moment propice, qui viendra un jour ou l’autre. Il s’agit des Capucins.
Ces derniers, issus de la grande famille franciscaine, ont dû quitter leur fief en terre française. La guerre politique a eu raison des « œuvres » de tout le gotha ecclésiastique de l’Hexagone. Il faut savoir que lors de la deuxième moitié du XIX siècle la France était séparée entre deux clans. De nombreux individus prônaient un conservatisme enveloppé d’une culture réactionnaire. Une autre catégorie de gens préférait les valeurs républicaines qui penchaient nettement à gauche de l’échiquier politique. Même si les Capucins sont demeurés neutres au sein de ce conflit, car de nombreuses communautés ont pris fait et cause pour les conservateurs, ils ont quand même été emportés par la tourmente comme tous les ordres religieux catholiques de la « fille aînée de l’église ». Il leur fut interdit d’enseigner, de soigner et d’entreprendre. Du coup, ils perdirent leurs écoles et leurs hôpitaux en plus d’être expropriés sans ménagement par un pouvoir républicain et anticlérical revanchard. Acculés à l’indigence, ils abandonnent la France pour se réfugier dans les pays limitrophes. Certains d’entre eux choisissent de prendre la direction du Nouveau Monde, sachant qu’ils seront reçus par des alliés. Très rapidement, après ce coup de force, l’on s’est mis à retrouver du personnel qualifié pour prendre en charge les services sociaux. Chaque diocèse du Québec pouvait se vanter d’avoir acquis des écoles, des hospices et des hôpitaux, grâce à l’expertise et les capitaux de ces « étrangers » voués au bien-être des corps et des âmes de l’ensemble des ouailles du Canada-Français. Jusqu’à preuve du contraire les Capucins n’avaient pas encore leurs places.
Lorsque le « prieur » de l’ordre des capucins fut devant l’évêque de Québec, il a eu plus ou moins 30 minutes pour accepter la cure de la paroisse de Limoilou. L’enjeu est de taille. Il fallait se retrouver sur place presque immédiatement pour assurer les services le plus rapidement possible. En plus de réorganiser la vie sociale et pastorale de la paroisse, il était impératif de renflouer les coffres du village ruiné. La dette est de l’ordre 30,000$.... Cette somme représente un montant de plus ou moins 5 millions de dollars en argent d’aujourd’hui! Alors, sans prendre le temps de consulter les instances supérieures de sa communauté, il accepte sur le champ de relever ce défi. La saga des Capucins, dans les faubourgs de Québec, vient de débuter…
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