Mardi 2 juin 2009 2 02 /06 /Juin /2009 12:27

Aussitôt que le supérieur de la communauté accepta le « cadeau » de l’évêque du diocèse, il fit venir l’un de ses collègues de manière à pallier au plus pressé.  Les semaines suivantes ont été consacrées à se familiariser avec la faune humaine avoisinante.  Il faut savoir que dans une autre vie, le supérieur de l’ordre a eu la chance d’être secrétaire d’ambassade.   Il prit la peine d’utiliser toutes les ressources de la diplomatie pour rallier les forces vives de la paroisse avec tact et doigté. Il s’est aussi donné la peine de développer une véritable vie associative.  Très rapidement ce lieu est devenu une référence pour ce qui est des groupes sociaux.  Des chevaliers de Colomb en passant par les scouts ou les fermières, il y avait de tout pour se distraire et agir au sein de ce microcosme social.  L’un de ses vicaires a réussi, grâce à une levée de fonds bien orchestrée, à faire construire un centre communautaire d’importance.  De cette manière, l’ensemble des groupes associatifs disposait d’un toit ainsi que de locaux adéquats.  À Limoilou, il fallait faire preuve de mauvaise volonté pour s’ennuyer…   Non contents de créer un florilège d’activités communautaires, les Capucins se sont donné le mandat de mousser la fiertée nationaliste.  Après tout, c’est grâce à leur foi et à leur langue de cette société particulière, si cette communauté religieuse a pu prendre pied dans le Nouveau-Monde.  Ils ont contribué à organiser des fêtes de la St-Jean haute en couleur.  L’ensemble de la paroisse se retrouvait dans la rue, de manière à mousser le nationalisme canadien-français que l’on voulait triomphant. 

 

En quelques années, les Capucins ont réussi à redonner une prospérité à ce faubourg qui peinait à se faire une place.  Grâce à une administration exemplaire et sans faille, ils ont réussi à rembourser la dette en moins de 30 ans.  Ce problème ne les a pas empêchés de développer et d’investir dans de nombreux projets, de manière à donner un fort sentiment d’appartenance à la population.  L’un des leurs s’est même donné la peine de faire publier une histoire de Limoilou, dans les années vingt, qui fait encore référence aujourd’hui. 

 

Non contents de s’incruster dans l’environnement paroissial, ils se sont aussi impliqués au sein du syndicalisme naissant. Ils se sont imposés comme aumôniers dans de nombreuses organisations de travailleurs.  De ce fait, ils ont pris au pied de la lettre l’encyclique « Renum Novarum »  qui incitait les catholiques à prendre d’assaut les mouvements sociaux de masse pour faire barrage au socialisme anticlérical. 

 

Je crois qu’il est possible d’affirmer  que l’arrivée des Capucins  a été une véritable bouffée d’air frais.  Il faut voir l’impact que ces gens ont eu à l’intérieur d’une société désorganisée qui cherchait désespérément sa place. Ça va beaucoup plus loin que la religion.   

 

Par Claude Rouleau - Publié dans : Histoire et patrimoine - Communauté : Histoire Géographie
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