La rue St-Joseph juste avant le démantèlement
du toit et des murs.
Je viens de prendre en compte une série de 4 articles de François Bourque, paru dans le quotidien « Le Soleil » d’hier et aujourd’hui. Ce journaliste a pris la peine de voir
comment les travailleurs de rue font leurs boulots au cœur du centre-ville de Québec. J’imagine que la rencontre internationale, qui réunit plusieurs
centaines de ces travailleurs dans un collège de ville, y est pour quelque chose. Il demeure que ces personnes sont un rouage essentiel au sein d’un
réseau d’aide qui a tendance à oublier les plus démunis de notre société.
Dans ce milieu, ou la rue représente l’essentiel de cet univers, ces professionnels sont aux premières lignes pour éviter le pire à une population fragilisée par la maladie mentale, la toxicomanie, l’alcoolisme ainsi que la criminalité. Pas facile de créer une confiance et d’arpenter les coins publics en mal de trouver des parias en état de crise. François Bourque a fait le pari, dans un premier temps, d’accompagner deux intervenants pendant une journée. Même s’il n’a pas été témoin d’un événement particulier, il été à même de se rendre compte d’une détresse qu’on préfère balayer en dessous du tapis. Ensemble, ils ont visité un centre communautaire à St-Roch en plus d’être allée à « la maison de l’Auberivière ». Le constat de notre journaliste est lourd de conséquences.
Je connais très bien le quartier St-Roch puisque j’y circule depuis plus de 30 ans. J’ai vu la fermeture des grands magasins à rayons du secteur qui ont fait place aux centres d’achats de la périphérie. J’ai eu aussi la chance de déambuler dans une rue couverte d’un toit. Une portion de la rue St-Joseph était devenue un immense mail. On croyait qu’il serait possible de sauver les quelques commerces qui avaient encore pignon sur rue dans ce secteur. La misère et le dénuement a vite envahi ce quartier du centre-ville. Comme j’étais un homme qui n’avait pas froid aux yeux, je ne me formalisais guère de cette « cour des miracles ». Aujourd’hui, je me rends compte que mon assurance m’a peut-être évité d’avoir une bonne raclée… Et puis, sous l’impulsion d’un maire visionnaire, l’on a commencé à concevoir une autre approche pour revitaliser cet endroit de plus en plus dévasté. Avec de l’audace, des capitaux et une vision innovatrice, on a réussi à créer un milieu branché et intéressant ou il fait bon de s’y promener. Ça ne veut pas dire que les mal nantis ont déserté le secteur. Les deux mondes sont capables, jusqu’à maintenant, de vivre en parfaite symbiose. Il ne faut pas oublier que plus de 135 organismes sociaux sont installés dans le coin. Les ressources étant présentes, il n’était pas question que les marginaux plient bagage. Voilà ou François Bourque voulait en venir. Il réussit très bien à nous faire sentir les hauts et les bas de ce monde parallèle.
Une portion de la rue St-Joseph que l'on vient de réouvrir.
Derniers Commentaires