Samedi 5 juin 2010 6 05 /06 /Juin /2010 20:36

Je me donne le droit de réagir à l'article de Gilbert Leduc paru dans l'édition du journal "Le Soleil" d'aujourd'hui.  Comme lui, je suis parfaitement conscient des problèmes de main-d'oeuvre concernant l'industrie touristique.  C'est un fait que la grande région de Québec carbure au rythme de cette constituante de l'économie.  Avec la dénatalité, il n'est  pas évident de remplacer les travailleurs de ce milieu.  Je suis aussi d'accord avec ce journaliste dans le sens que les employeurs ne se sont pas encore adaptés devant la pénurie qui s'en vient. 

 

Certains acteurs de l'industrie ont quand même décidé de revoir leurs politiques de ressources humaines.  Ils ont regardé du côté des retraités.  Ces derniers ont du temps à revendre en plus d'avoir une expérience certaine dans le domaine du service à la clientèle.  Plusieurs patrons sont heureux de puiser dans ce bassin et pour cause...  Ces derniers se retrouvent devant une masse de travailleurs disponibles et intéressés.  L'arrivée de ces employés nouveau genre cause un effet pervers sur le marché.  Le fait de vouloir occuper leurs temps libres, tout en retirant une pension souvent confortable, vient brouiller les cartes.  Même si l'on exige du personnel bilingue avec de nombreuses responsabilités, les salaires ainsi que les conditions de travail sont laissés pour compte.  Un guide touristique ou un préposé à la clientèle ,dans un centre de villégiature, gagne très souvent le salaire minimum.  Sa convention collective est, plus souvent qu'autrement, les normes minimums du travail...  Voilà pourquoi la relève est, pour ainsi dire, inexistante.  Les retraités en sont quittes pour rencontrer du monde en plus de montrer les attraits de l'une des plus belles régions du continent.  Les quelques dollars gagnés servent à arrondir les fins de mois.  Quand est-il pour ceux qui veulent en faire une carrière?  Ilsdevront offrir leurs services à une nébuleuse d'entreprises et attendre le coup de téléphone qui les fera travailler de temps à autre. 

 

Dans le cas précis des guides touristiques, il existe une association.  Elle se limite à informer les membres sur le milieu, à organiser des rencontres d'information et à demander un standard minimum.  On est loin d'un syndicat qui protège l'intérêt de ses membres.  Si une personne décide de plonger quand même dans cette vie associative, elle devra assister à des réunions le jour et en  semaine.  Les rencontres ,le soir ou les fins de semaine, sont très rares.  Dans ces conditions, il est presque impossible de développer un contrat type pour la profession.  Et pourtant...  Même si ce travailleur doit posséder une formation de niveau collégiale  et être bilingue, il se retrouve avec les mêmes conditions qu'un commis de dépanneur! 

 

On a beau avoir envie de montrer sa ville, de vouloir partager sa passion pour le patrimoine et l'histoire, mais le faire dans ces conditions...  Tant que les normes de l'industrie ressembleront à cette réalité, je ne vois pas l'intérêt de me retrouver dans ce milieu à moins d'être son propre entrepreneur et d'organiser soi-même des tours. 

 

Par Claude Rouleau - Publié dans : Billet - Communauté : Blogueurs du Québec
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