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Depuis quelques mois, les différents médias qui couvrent la politique québécoise décrivent la joute parlementaire, à l'Assemblée Nationale, comme une bataille de ruelle ou tous
les coups sont permis. Fini le respect et le décorum.... Les insultes verbales et les attaques
personnelles seraient devenues la norme. Pour les vieux routiers ,qui sont en poste à la tribune de la presse depuis des années, cette situation
n'aurait pas de précédent. Je me suis dit va falloir que je vérifie par moi même puisque j'ai une très grande expérience de la vie parlementaire à
Québec.
J'ai eu l'occasion de vivre le quotidien de l'Assemblée Nationale lors du deuxième mandat du parti québécois dans les années 80. Mes occupations professionnelles ont fait que j'ai assisté à tous les travaux parlementaires de cette époque. En tant que fonctionnaire, je devais rester neutre et servir les députés des 2 côtés de la chambre. Par la force des choses je suis devenu un observateur attentif des débats du "salon bleu". Il m'a été possible de voir les représentants ,élus par le peuple, échanger sur le présent et le futur de la société québécoise. Au fil du temps j'ai constaté que ces gens, sans pour autant partager les mêmes idées, arrivaient à bien s'entendre et à se respecter. Les leaders et les whips étaient capables de se rencontrer et de s'entendre sur les débats en cours. J'ai plaisir à me rappeler les échanges courtois que Claude Charron et Gérard D. Lévesque avaient entre eux. Ils avaient beau avoir des visions politiques différentes, ils étaient des collègues qui s'appréciaient au plus haut point. Lorsque Claude Charron, alors leader du gouvernement, a fait un geste qui l'a forcé à démissionner, le collègue le plus triste devant cette bévue a été son vis-à-vis parlementaire de l'opposition. C'est tout dire... Malheureusement, j'ai du constater que les journalistes ont raison de dire que le climat ,qui règne au parlement, est à la tempête depuis un bon bout de temps...
La veille, j'ai pris la peine d'assister à la période des questions. J'ai trouvé l'exercice fastidieux et, à la limite, disgracieux. J'ai presque ressenti une haine mutuelle. Remarquer que nous sommes encore loin de la foire d'empoigne. Personne va se lever de son siège pour aller donner un coup point aux "amis d'en face". Remarquer que le verbe et la parole s'en chargent très bien.
Je sens une fin de régime qui va nulle part. Il n'y a pas de vision de société. Les députés présents sont incapables de nous faire partager un bût pour le bien-être de tous. Je prends la peine d'inclure tous les partis politiques présents. Ça ne veut pas dire que je déconsidère les élus qui sont en place. Au sein du "salon de la race", il y a un bon nombre de femmes et d'hommes qui servent leurs citoyens avec passion. Mais où se trouve l'intérêt commun? Le pouvoir est-il une fin en soi?
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