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Cinéma

Vendredi 1 mai 2009 5 01 /05 /2009 12:28

Même si je déambule dans Québec depuis toujours, je me suis retrouvé devant de nombreux paysages que je n’avais jamais observé avant l’écoute du merveilleux film de Jean-Claude Labrecque « Infiniment Québec ».  Grâce à son talent, je me suis à survoler le Château Frontenac un jour de tempête d’hiver.  J’ai traversé le fleuve dans un canot, franchissant les amoncellements de glace grâce à la force de mes bras.   J’ai vu mes semblables se dirigeant, d’un pas assuré et fier, vers les plaines d’Abraham pour  assister au spectacle de la St-Jean.  J’ai rencontré une religieuse, posant à l’intérieur des murs de son couvent  vieux de 350 ans.  On aurait dit que le temps s’était arrêté.  J’ai même aperçu un couple de jeunes mariés, posant pour la postérité, à l’intérieur du parc des gouverneurs. 

 

Ce cinéaste de talent, qui a appris les rudiments de la photographie dans l’un des meilleurs studios de la Basse-Ville, promène sa caméra au travers d’une ville qu’il connaît bien.  À cause de certaines contraintes de temps, il s’est limité à nous montrer les quartiers se trouvant à l’intérieur des murs fortifiés.  Et comme Québec est la seule ville du genre en Amérique du Nord, nous avons souvent l’impression d’être ailleurs.  C’est comme si la veille Europe s’était donné la peine de nous faire un cadeau.  Cette sensation est appuyée grâce à la narration de Gilbert Sicotte. Il nous raconte, en voix off, comment le réalisateur avait présenté sa ville à l’un de ses compagnons de classes, un noble d’origine française qui avait fui les horreurs de la deuxième guerre mondiale. Dans l’imaginaire du jeune Jean-Claude Labrecque, sa ville était aussi belle et aussi veille que les grandes capitales européennes.  Il s’amusait à présenter son coin du monde comme la tête de pont  d’un empire digne d’être reconnu comme l’égal des cités royales du vieux continent. 

 

Il demeure que ce film est un merveilleux passeport pour découvrir cette ville d’exception qu’est Québec.  Grâce à ce dernier, nous avons la chance d’admirer des vues croqués au travers les 4 saisons tant en extérieur qu’en intérieur.  Même si je ne suis pas du genre à être chauvin, je crois que ce moyen-métrage mérite de gagner de nombreuses distinctions.  La qualité des images, le propos du réalisateur, sa vision de la ville ainsi que la narration sont, du moins pour moi, une superbe leçon de cinéma.  Je vous conseille fortement de vous procurer ce film en DVD.  Je suis certain qu’il va devenir l’une des vedettes de votre vidéothèque.  

 

Par Claude Rouleau - Publié dans : Cinéma - Communauté : Blogueurs du Québec
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Lundi 6 avril 2009 1 06 /04 /2009 11:41

Après avoir fait le pied de grue pour me retrouver le bec à l’eau, suite à mon attente pour obtenir des places pour le spectacle de Metallica, j’avais convenu d’aller faire un tour au cinéma, histoire de me changer les idées.  J’en ai profité pour aller voir « Dédé à travers les brumes ».  Il faut savoir que depuis sa sortie en salle, ce film fait littéralement un malheur.  Il est tellement populaire qu’il réussit à détrôner les grosses productions venant de nos voisins du sud.  Plusieurs critiques vont même jusqu’à comparer le jeu de Sébastien Ricard, l’acteur qui incarne Dédé,  à celle de Manon Cotillard. Il faut se rappeler que cette actrice a reçu un Oscar pour sa personnification d’Édith Piaf dans la production « La vie en rose ».  C’est avec un plaisir évident que j’ai pris place au  cœur d’une salle obscure pour voir cette histoire.  J’affirme que je me suis retrouvé totalement conquis dès les premières minutes. 

 

Sans affirmer que l’œuvre du réalisateur Jean-Pierre Duval est un chef-d’œuvre, je dois avouer que cette prestation cinématographique est dès plus réussi.  L’idée d’intégrer une bande dessinée, pour illustrer le début de l’intrigue, nous plonge immédiatement dans l’univers éclaté de Dédé Fortin, le créateur du groupe de musique « les colocs ».  Par la suite, il nous est facile de suivre les événements qui ont façonnés cette superbe histoire qui se termine mal…  Parcourir le chemin de Dédé nous permet de surfer sur les années 90 au Québec.  Au travers une série de tableaux,  nous sommes à même de voir les étapes majeures de cet artiste de génie qui nous quitté beaucoup trop tôt.  Du départ de son île (le Sagnenay-lac St-jean) entouré d’arbres jusqu’à la grande ville qu’est Montréal, en passant par ses performances scéniques ainsi que ses amours malheureux, nous avons droit à un Dédé profondément humain en mal de vivre malgré ses peurs.  Je dois m’incliner bien bas devant la performance de Sébastien Ricard.  Il s’éclipse complètement devant le personnage de Dédé qu’il incarne avec brio.  Il ne faut pas oublier que ce dernier, en plus d’être un acteur de talent, fait aussi parti de la formation « Loco Locas ». Il s’agit  un trio de musiciens dès plus créateur qui manie le verbe et la voix comme pas un.  Grâce à la magie de la musique et des nombreuses performances musicales que renferme ce film, nous visitons l’univers tourmenté de Dédé. 

 

Le découpage du film est conçu de manière à nos faire revivre Dédé au travers de nombreuses performances musicales qui sont presque des clips en soi.  Même s’il nous percevons une rage de vivre de la part du héros, il demeure que le thème central de cette saga tourne à l’entoure de la mort.  Nous assistons, en témoin impuissant, aux nombreux deuils de Dédé.  Nous observons ses échecs amoureux à répétition, la peine immense qu’il  ressent suite à la défaite du référendum ainsi qu’à l’agonie et à la mort de l’un de ses amis. Au fil du temps la charge devient trop lourde.  Dans un geste défiant l’entendement, il décide de s’ouvrir le ventre comme les samouraïs de jadis.  

 

J’ai aimé la performance des acteurs, le style de la trame narrative, les numéros musicaux tous plus performant les uns des autres.  L’émotion peut se couper au coteau tant elle est elle présente.  Par contre, j’ai trouvé la photographie plutôt moyenne.  Il demeure que ce détail est pour le moins secondaire. « Dédé au travers les brumes » mérite d’être vu à plus d’un titre.  Vous serez, tout comme moi,  subjugué comme tous ceux qui ont eu la chance de visionner cette tranche de vie qui nous est offerte. 

Par Claude Rouleau - Publié dans : Cinéma - Communauté : Blogueurs du Québec
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