Théâtre

Mardi 17 mai 2011 2 17 /05 /Mai /2011 17:01

Le théâtre les Gros Becs vit une période charnière.  Ce diffuseur, spécialisé dans les arts de la scène s'adressant à la jeunesse, se retrouve à naviguer en eau trouble.

 

Gros Becs rouge Vertical 

 

Le paradoxe du succès

Cet organisme, reconnu dans le monde de la scène culturelle, jouit d'un succès retentissant.  Lorsque je me suis rendu à l'un de ces spectacles, dimanche en fin de matinée, plusieurs individus ont dû battre en retraite.  La représentation affichait complet...   Malheureusement, il existe une zone d'ombre qui risque de briser cette réussite.

 

Une association qui n'a plus cours

Lors de la dernière édition radiophonique du Fureteur Québécois, Louise Allaire s'est permis d'exprimer son inquiétude.  Il faut savoir que cet organisme cherche à se relocaliser.  L'actuel site, qui était la salle du théâtre La Bordée avant son installation dans le quartier Saint-Roch, se voulait une solution temporaire.  Ce lieu, d'une capacité de plus ou moins de 250 places, ne possède pas de zone débarcadère ni d'ascenseur.  Du fait d'une climatisation déficiente, il est impossible de produire des prestations en période estivale.  La direction avait commencé à explorer certaines possibilités.  Et puis, comme Robert Lepage se cherchait lui aussi un lieu, les Gros Becs s'était associé à ce dernier pour partager ce futur centre de diffusion.  Ils ont décidé de devenir partenaires dans la cadre du projet "Diamant".  Après avoir évalué les coûts de cette aventure, Robert Lepage a dû reconsidérer cette proposition.  La semaine dernière, il a fait volte-face en y allant avec une toute nouvelle vision.  Son plan B fait en sorte que les Gros Becs ne sont plus associés dans cette option de rechange.  Il est ici question d'une installation de 650 places à Place D'Youville.  Le créateur du "Moulin à images" a même déposé une offre d'achat pour acquérir l'édifice qui abritait le YMCA au début du XXe siècle.  Devant cette situation, Louise Allaire doit repartir à la case départ. 

 

 

  La production offerte actuellement s'apelle "Edredon".  Elle s'adresse à un très jeune public .

 

Une collaboration assurée avec Québec

Une rencontre a eu lieu avec des fonctionnaires de l'administration municipale hier matin.  On lui a assuré que la ville de Québec allait soutenir et accompagner l'organisme dans ses démarches. Comme les salles d'un gabarit de 450 places sont plutôt rares, il faut chercher...  Louise Allaire se donne 6 mois pour trouver la perle rare.

 

Trouver la salle idéale

La directrice exclut les endroits associés à des institutions d'enseignement.  Elle craint qu'on récupère l'endroit pour des fins pédagogiques.  Elle me donnait l'exemple de la salle Dina Bélanger qui ne sert plus comme centre de diffusion culturel pour le public.   Elle souhaite aussi que ce nouveau lieu demeure dans l'arrondissement La Cité. 

 

 Cette institution doit prospérer

Le théâtre les Gros Becs est devenu, au fil du temps, un organisme de premier plan pour ce qui est de la diffusion et la production de spectacles pour la jeunesse.  J'ai pu m'en rendre compte lorsque j'ai vu des dizaines de bambins s'extasier devant la performance de 2 actrices de grand talent.  J'ai été agréablement surpris de voir ces visages d'enfants de moins de 5 ans, captivé et attentif devant une performance toute en douceur. 

 

Il est impératif de tout faire pour que les Gros Becs puisse continuer à performer.  Je ne voudrais pas que toute une génération soit privée de cet imaginaire, qui donne des balises durables à des adultes en devenir.  Voilà pourquoi il est impératif de supporter cette institution....

Par Claude Rouleau - Publié dans : Théâtre - Communauté : Blogueurs du Québec
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Mardi 19 avril 2011 2 19 /04 /Avr /2011 17:22

Une production exceptionnelle à l'image du théâtre Périscope

Le théâtre Périscope a le tour de montrer des pièces qui sort de l'ordinaire.  Dimanche dernier, j'ai eu la chance de voir une performance d'exception.  Le docu-théâtre "changing room" est une extraordinaire incursion dans le monde des "Drag Queens ".  En plus d'apprendre des détails normalement inconnus du public, nous devenons les spectateurs d'une revue pas comme les autres ou l'exubérance irrévérencieuse prend toute la place.  Après 2 jours, je suis encore estomaqué devant ce spectacle étonnant.

 

 

            Un cilp montrant une performance de Drag Queen.

       Un extrait de l'excellent  film "Priscilla la folle du désert".

 

Le spectacle débute bien avant son commencement

La pièce de théâtre débute bien avant son déroulement puisque le spectateur doit traverser une partie du décor pour arriver à son siège.  Un coup rendu, l'on se retrouve dans un cabaret, ce qui inclut aussi un débit de boisson.  La boule disco, la musique criarde et la lumière tamisée viennent affirmer cette impression.  Par la suite, nous avons droit à un bref silence.  La performance est sur le pont de débuter..

 

Une plongée dans un monde obscure

Au travers les confidences et les numéros de 4 acteurs et d'un personnificateur, nous pénétrons dans un univers où la discrétion n'a pas sa place.  Celui qui se fait appeler "Délice" vient haranguer la foule.  Irrévérencieux et vulgaire à souhait ce personnage, habillé d'un tailleur moulant à la limite du mauvais goût,  fait réagir la foule pour notre plus grand plaisir.   Nous devenons des voyeurs avides qui attendent, avec impatience,  la suite des événements. 

 

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 Un cliché  illustrant une partie des coulisses

Photo: Claude Rouleau

 

Les deux côtés de la médaille

En plus d'avoir droit à plusieurs numéros très réussis, où l'humour et le pastiche ont le haut du pavé, nous avons aussi droit aux discussions de coulisse.  Grâce à 2 écrans géants, qui sont présents des 2 côtés de la scène, nous sommes en mesure d'épier  les propos   de ces artistes de grands talents. Il nous est loisible d'observer la phase cachée de ce monde mal connu. 

 

Les témoignages des acteurs et du personnificateur deviennent de superbes bulles d'émotions qui m'ont beaucoup touché. Et en plus, pour mettre le public totalement dans le coup, l'on vient chercher des spectateurs qui auront à faire quelques tirades à partir des coulisses.  L'un d’eux deviendra, à l'instar des concours d'amateurs fort populaires dans ce milieu, la "Drag Queen" d'un jour!

 

À voir absolument!

J'ai beau voir du théâtre d'essai qui sort des sentiers battus, la pièce "changing room" est d'un calibre à part. Jusqu'à preuve du contraire, c'est la production théâtrale qui m'a le plus impressionné cette année.  À voir absolument!

 

 

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Du 12 avril au 30 avril 2011
Salle principale

Le dimanche 17 avril 2011 à 15 h

Une production signée Nous sommes ici

 

Texte
Alexandre Fecteau en collaboration avec  Raymond Poirier
Mise en scène
Alexandre Fecteau
Assistance à la mise en scène : Stéphanie Hayes
Distribution
Frédérique Bradet, Anne-Marie Côté, Martin Perreault et Frédéric Dubois
Équipe de création
Stéphanie Hayes,  Marie-Renée Bourget Harvey, Virginie Leclerc, Geneviève Dionne, Chantal Bonneville , Jérôme Huot, Eliot Laprise, François Leclerc

 

Par Claude Rouleau - Publié dans : Théâtre - Communauté : Blogueurs du Québec
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Mercredi 13 avril 2011 3 13 /04 /Avr /2011 17:59

Le théâtre de l'encre rouge, une nouvelle troupe, offrait sa première production au public de Québec dans la petite salle du diffuseur "Premier Acte".  Je n’avais aucune idée du propos de la pièce.  Sous le titre énigmatique de "Domino", je me suis laissé porter sans aucune arrière-pensée. Je me suis retrouvé, dès les premières minutes, emporté dans un drame sans nom aussi surprenant que dramatique. 

 

 

Une histoire à la fois humaine et effrayante.

Cette nouvelle création, écrite par Érika Soucis, nous montrer l'univers d'une famille brisée par l'assaut de l'un de ses membres.  Le fils d'une mère protectrice décide d'investir le gymnase de son école, d'abattre 3 personnes pour ensuite s'enlever sa vie en retournant l'arme contre lui...  Par la suite, c'est tout le tissu social immédiat du meurtrier qui nous est décrit.  On découvre une maman exclusivement concentrée sur les tâches ménagères, vivant au travers  de son fils par procuration.  On écoute et on ressent l'incompréhension de la soeur jumelle de ce dernier, qui rêvait de partir en voyage avec son frère.  On découvre le monde intérieur d'un père aimant, mais absent par manque de caractère. De fil en aiguille, on pénètre dans l'intimité du couple frère et soeur, de leurs aspirations et de leurs rêves.  Lentement mais sûrement, on découvre le ressentiment et la déception du frère, qui se rend compte de la futilité de la vie.  À partir de se constat, que nous découvrons à la toute fin, on est à même de saisir le pourquoi et le comment du geste insensé que le héros de la pièce est sur le pont de faire. 

 

Une excellente pièce

J'ai beaucoup aimé la scénographie, où des cadres imagés servent à illustrer l'action.  J'ai aussi apprécié l'usage du coeur, qui vient dramatiser l'événement central de la pièce.  Et pour finir, j'ai admiré le jeu des 6 comédiens qui étaient tous des inconnus pour moi. 

 

À voir...

Si vous voir un théâtre différent, qui ose nous faire basculer dans un monde insoluble et hermétique, je vous conseille fortement d'aller voir "Domino".  Vous en serez quitte pour une réflexion sociale de premier plan. 

 

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Production :

 L'ancre rouge

Texte :

 Érika Soucy

Mise en scène :

 Patric Saucier

Décor et Costumes :

 Élyane Martel

Éclairage :

 Jérôme Huot

 

Interprétation:  Patric Saucier, Caroline B. Boudreau, Caroline Stephenson, Jeanne Gionet-Lavigne, Hubert-C. Bolduc, Danièle Belley

 

À l'affiche: Du 12 au 30 avril

 

 

Prix du billet à l'unité

Prix courant :

23 $ + frais de service

30 ans et moins - aînés :

17 $ + frais de service

Groupe (12 personnes et plus):

13 $ + frais de service

 

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Centre Culturel et

Environnement Frédérick Back

870, de Salaberry

Bureau 112

Québec, Qc

G1R 2T9

418 694-9656

Par Claude Rouleau - Publié dans : Théâtre - Communauté : Blogueurs du Québec
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Mercredi 16 mars 2011 3 16 /03 /Mars /2011 17:56

J'ai beaucoup de difficulté à me positionner, face à cette pièce de théâtre que j'ai vue la veille.  Il s'agissait de la première de cette production qui sera à l'affiche jusqu'au 26 mars prochain.  Pour ma part, je suis resté sur ma faim. 

 

La mélodie entre la vie et la mort

                                   L'affiche de la pièce. Elle définie très bien l'atmosphère

 

De nombreuses réserves

J'ai trouvé la mise en scène trop lente.  J'aurais préféré une direction artistique plus mordante avec plus de mouvement.  La musique, quant à elle, donnait une lourdeur supplémentaire qui n'apportait rien de plus à l'ensemble. Les décors, constitués d'une scène où l'on a intégré des aquariums et des glaces sans teint, n'est pas la meilleure idée du siècle. Les éclairages, où l'obscurité est la véritable vedette, servent de pause entre les scènes. En fin de compte, je n'ai pas aimé les dialogues de cette pièce.  À force d'être minimaliste, on n'arrive pas à cerner l'essence de l'action. 

 

 

 Je conseille cette production aux amateurs d'univers glauques qui aiment l'action minimaliste.

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Synopsis officielle: Un jeune couple en crise, Hank et Félicité, tente d’aller recoller les morceaux dans une maison retirée en forêt. C’est un point de non-retour pour le couple, une dernière chance. Dans cette forêt maudite se trouve un homme étrange et hostile, Mark, qui viendra faire exploser ce qui reste de leur fragile union en ayant une relation pour le moins dérangeante avec Félicité. Dans ce triangle amoureux malsain, et avec une horreur grandissante, chacun sera poussé dans ses derniers retranchements. C’est un spectacle où, malheureusement pour les protagonistes, il n’y a pas d’issues. C’est à un huis clos minimaliste qui flirte avec l’horreur et le fantastique que nous vous invitons...

Une expérience déroutante où le théâtre se conjugue parfaitement avec la musique électronique live.

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Production :

 SUSHI (POISSE/SON/MORT)

Mise en scène :

 Jocelyn Pelletier

Assistance à la mise en scène :

Rachel Lapointe

Scénographie :

Dominic Thibault 

Éclairage et assistance à la scénographie :

Jean-François Labbé 

Musique :

 Pascal Asselin/Milimetrik

Interprétation :

 Gabriel Fournier, Joanie Lehoux et Jean-René Moisan

 

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Pièce: La mélodie entre la vie et la mort

 

Lieu: Premier acte

870, de salaberry

 

Date: Du 15 au 26 mars

 

Coût: 23.00$ (prix courant)

                   17.00$ (30 ans et moins)

   13.00$ (groupe)

 

Par Claude Rouleau - Publié dans : Théâtre - Communauté : Blogueurs du Québec
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Mercredi 16 février 2011 3 16 /02 /Fév /2011 18:12

 

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Même si nous vivons les uns sur autres, nous sommes souvent confrontés à la solitude.  Les voisins demeurent des inconnus.  Comment un groupe de 3 personnes peuvent agir face à l'autre?  Cette problématique est le thème principal de la dernière pièce de "Premier Acte". 

 

La solitude des grandes villes

La pièce "6:30" raconte l'histoire de 3 individus vivant au coeur d'un triplex ayant pignon sur rue au centre-ville.  Josée vit seule avec 3 enfants.  Cette mère célibataire vit  difficilement l'absence d'un homme.  Son voisin, qui se prénomme Olivier, est un  mécanicien célibataire dans la trentaine.  Il assume mal sa solitude.  Il s'évade du mieux qu'il peut dans les fantasmes érotiques que certains magazines véhiculent. Pour évacuer son mal à l'âme, il pousse le bouchon en buvant de l'alcool mélangé à des médicaments. Kim, quant à elle, vit reclus dans son petit appartement.  C'est à peine si elle ose mettre le nez à l'extérieur.  Elle s'enferme à double tour, se contentant de vivre dans ses souvenirs heureux, du temps qu'elle filait le parfait amour avec un allemand de passage. 

 

 

Le drame des gens ordinaires

Grâce à mise en scène bien ficelée, nous sommes invités à regarder les drames de chacun.  Même si nos acteurs communiquent par le biais du monologue, nous apprenons à connaître et à aimer ces gens au destin ordinaire.  Au travers leurs drames, nous sommes confrontés à nos propres contradictions.  Josée apprécie la présence d'Olivier.  Elle fait tout en son pouvoir pour attirer son voisin chez elle.  Il fait des petits travaux pour "lui rendre service".  Elle souhaite que cet homme disponible devienne plus qu'un voisin distant.  Il pourrait peut-être devenir "le père de ses enfants".  Kim est incapable d'oublier son ex-amoureux.  Elle vit dans le passé, incapable de faire autre chose que d'écouter la télé.  Pour briser l'isolement, Josée invite ses voisins à un BBQ.  Réussiront-ils à fraterniser ensemble?  La conclusion de cette histoire ne manque pas de rebondissements...

 

 

Une excellente pièce qui mérite d'être vue

J'ai beaucoup aimé cette pièce.  Elle conforte les uns et les autres devant notre propre solitude et nos peurs les plus intimes. Je m'incline bien bas devant Jonathan Gagnon qui réussit une mise en scène efficace. Idem pour la justesse du jeu de Maude Boutet, Marie-Soleil Dion et Jean-Pierre Cloutier. Ils ont beau être jeunes, il demeure qu'ils sont d'excellents acteurs.

 

 

 

 

Si vous aimez du théâtre direct et bien senti qui force la réflexion, la pièce "6:30" est pour vous.  Allez-y les yeux fermés, vous ne serez pas déçu.

 

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Production:      

 

Textes :

 Maude Boutet, Marie Soleil Dion et Jean-Pierre Cloutier d'après et avec les oeuvres de Maxime-Olivier Moutier, Isabelle Forest, Julie Gaudet-Beauregard, Jennifer Tremblay, Vincent Madore, Marc-Antoine K. Phaneuf, Sylvie Laliberté et Geneviève Letarte

Dramaturgie :

 Anne-Julie Royer

Mise en scène :

 Jonathan Gagnon

Interprètes :

 Marie Soleil Dion, Maude Boutet et Jean-Pierre Cloutier

Conception vidéo :

Marilyn Laflamme

Scénographie :

Erica Schmitz


Avec la collaboration spéciale de Claire-Alexie Turcot , artiste-sculpteure

 

Par Claude Rouleau - Publié dans : Théâtre - Communauté : Blogueurs du Québec
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