Le théâtre les Gros Becs vit une période charnière. Ce diffuseur, spécialisé dans les arts de la scène s'adressant à la jeunesse, se retrouve à naviguer en eau trouble.
Le paradoxe du succès
Cet organisme, reconnu dans le monde de la scène culturelle, jouit d'un succès retentissant. Lorsque je me suis rendu à l'un de ces spectacles, dimanche en fin de matinée, plusieurs individus ont dû battre en retraite. La représentation affichait complet... Malheureusement, il existe une zone d'ombre qui risque de briser cette réussite.
Une association qui n'a plus cours
Lors de la dernière édition radiophonique du Fureteur Québécois, Louise Allaire s'est permis d'exprimer son inquiétude. Il faut savoir que cet organisme cherche à se relocaliser. L'actuel site, qui était la salle du théâtre La Bordée avant son installation dans le quartier Saint-Roch, se voulait une solution temporaire. Ce lieu, d'une capacité de plus ou moins de 250 places, ne possède pas de zone débarcadère ni d'ascenseur. Du fait d'une climatisation déficiente, il est impossible de produire des prestations en période estivale. La direction avait commencé à explorer certaines possibilités. Et puis, comme Robert Lepage se cherchait lui aussi un lieu, les Gros Becs s'était associé à ce dernier pour partager ce futur centre de diffusion. Ils ont décidé de devenir partenaires dans la cadre du projet "Diamant". Après avoir évalué les coûts de cette aventure, Robert Lepage a dû reconsidérer cette proposition. La semaine dernière, il a fait volte-face en y allant avec une toute nouvelle vision. Son plan B fait en sorte que les Gros Becs ne sont plus associés dans cette option de rechange. Il est ici question d'une installation de 650 places à Place D'Youville. Le créateur du "Moulin à images" a même déposé une offre d'achat pour acquérir l'édifice qui abritait le YMCA au début du XXe siècle. Devant cette situation, Louise Allaire doit repartir à la case départ.
La production offerte actuellement s'apelle "Edredon". Elle s'adresse à un très jeune public .
Une collaboration assurée avec Québec
Une rencontre a eu lieu avec des fonctionnaires de l'administration municipale hier matin. On lui a assuré que la ville de Québec allait soutenir et accompagner l'organisme dans ses démarches. Comme les salles d'un gabarit de 450 places sont plutôt rares, il faut chercher... Louise Allaire se donne 6 mois pour trouver la perle rare.
Trouver la salle idéale
La directrice exclut les endroits associés à des institutions d'enseignement. Elle craint qu'on récupère l'endroit pour des fins pédagogiques. Elle me donnait l'exemple de la salle Dina Bélanger qui ne sert plus comme centre de diffusion culturel pour le public. Elle souhaite aussi que ce nouveau lieu demeure dans l'arrondissement La Cité.
Cette institution doit prospérer
Le théâtre les Gros Becs est devenu, au fil du temps, un organisme de premier plan pour ce qui est de la diffusion et la production de spectacles pour la jeunesse. J'ai pu m'en rendre compte lorsque j'ai vu des dizaines de bambins s'extasier devant la performance de 2 actrices de grand talent. J'ai été agréablement surpris de voir ces visages d'enfants de moins de 5 ans, captivé et attentif devant une performance toute en douceur.
Il est impératif de tout faire pour que les Gros Becs puisse continuer à performer. Je ne voudrais pas que toute une génération soit privée de cet imaginaire, qui donne des balises durables à des adultes en devenir. Voilà pourquoi il est impératif de supporter cette institution....
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