Histoire et patrimoine

Samedi 16 octobre 2010 6 16 /10 /Oct /2010 12:59

Au coeur d'un environnement climatique digne d'un film d'épouvante, je me suis permis de faire une promenade surréaliste sur le site des plaines d'Abraham. Accompagné par des personnificateurs de la Corriveau et de James Murray, j'ai déambulé dans le plus beau parc de la ville lors d'une tempête d'automne.  Malgré la pluie et le vent, nous avons pu en apprendre plus sur la grande et la petite histoire de cet endroit. 

 

Fomfr cage

 

Une illustration de la cage ou fut déposé la dépouille de Marie-Josepte Corriveau.  Elle fut pendue en 1763, suite à une décision d'un tribunal militaire.  On la croyait coupable du meutre de son deuxième mari.  Pendant 3 semaines, les passants de Lévis ont pu l'admirer de cette manière. Elle était suspendu à un carrefour routier. 

 

Cette visite guidée, d'une durée de 2 heures, nous donne un éclairage différent sur ce lieu que sont les plaines d'Abraham.  La première partie de la visite se passe aux alentours du jardin de Jeanne d'Arc.  Grâce à différents îlots temporaires, installés pour la circonstance, la Corriveau nous raconte son histoire avec une verve et un bagout typique d'une paysanne du XVIIIe siècle. Par la suite, nous rencontrons un voleur en cavale et une jeune femme cherchant un trésor. 

 

Heureusement que nous avons pu nous abriter à l'intérieur d'une tour Martello lors de ce parcours.  Cette halte nous a permis de nous réchauffer et de reprendre nos esprits. C'est à ce moment que James Murray nous a raconté quelques anecdotes sur la vie de garnison.  Il nous a expliqué certaines punitions infligées aux soldats suite aux manquements de la discipline.  Lorsque cette pause intérieure fut terminée, il a bien fallu retourner subir les éléments à l'extérieur.

 

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Un portait de James Murray, le premier gouverneur du régime anglais au Canada. Il a succédé au général Wolf, mort lors de la bataille des plaines d'Abraham en septembre 1759.

 

Pendant quelques minutes, James Murray et la Corriveau nous ont raconté les hauts faits de certains brigands qui ont été  pendus sur le site des plaines d'Abraham.  Les tournants, que ces derniers ont subis, sont dignes d'un film d'épouvante... 

 

Autant pour reprendre nos esprits que pour nous sécher, nous avons pu nous abriter au pavillon de service du parc.  James Murray en a profité pour nous expliquer comment les chirurgiens militaires de l'époque procédaient aux amputations.  Très souvent, les blessures subies sur le champ de bataille ne laissaient pas d'autres choix....

 

Lorsque nous sommes retournés à l'extérieur, nous avons rencontré une spectatrice qui attendait l'exécution d'un condamné. L'ancienne prison étant à quelques centaines de mètres d'où nous étions, il était courant qu'une foule assiste à ce genre d'activité....  Nous avons aussi croisé une "fille de joie", qui a tenté de nous vendre ses charmes!  Il faut avoir à l'esprit  que Québec était un port de mer fort fréquenté pendant tout le XIXe siècle.  Les filles qui offraient leurs faveurs se comptaient par centaines et même plus...

 

Il va sans dire que je vous conseille cette merveilleuse escapade.  Vous aimerez l'expérience, même si le temps risque d'être plus clément...

 

 

Lieu: Parc des plaines d'Abraham

 

Activité: Marche macabre

 

Coût: 15.00$

 

Information et réservation: (418) 649-6157

Par Claude Rouleau - Publié dans : Histoire et patrimoine - Communauté : Blogueurs du Québec
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Dimanche 5 septembre 2010 7 05 /09 /Sep /2010 14:44

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  Grosse-Île fait partie de l'archipel de l'Île-aux-Grues.  Cette dernière est à 48 kilomètres de Québec.

 

Pour que les conditions sanitaires s'améliorent au sein de cette île, il a fallu attendre quelques décennies.  Un coup que les mécanismes des maladies infectieuses furent mieux compris, le taux de mortalité descendit graduellement.  Les grandes épidémies sont enfin devenues de mauvais souvenirs. La généralisation du bateau à vapeur a aussi apporté une amélioration notable.  Au lieu de prendre 1 mois pour traverser l'océan, il était maintenant possible de le faire en un peu plus d'une semaine.  Les baraques de fortunes ,qui faisaient office d'hôpitaux, furent remplacées par un édifice de brique qui avait tout le matériel requis pour face à la musique.  Par la suite, on a construit au bout du quai un centre de désinfection qui a fait école.  À partir de ce moment, Grosse-Île avait tous les atouts en main pour s'occuper adéquatement des immigrants malades.

 

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  L'ambulance hippomobile.  Elle servait aussi de corbillard...

 

Pour gérer cette activité sanitaire, il fallait compter sur de nombreux individus.  Même si la chose peut paraître étrange, il y avait une vie communautaire à l'intérieur de cette île isolée. On y trouvait un village avec toute les commodités.  Contrairement à l'ensemble des municipalités de la fin du XIXe siècle, cette petite agglomération possédait un aqueduc en plus d'avoir l'électricité!  Pour plusieurs endroits au Québec, il a fallu attendre le milieu du XXe siècle pour acquérir les mêmes installations. Deux églises ainsi qu'une école complétaient le microcosme de cette société. 

 

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L'école du village. 

 

L'endroit continue d'accueillir les malades venant d'ailleurs jusqu'à 1937.  Du fait de l'amélioration des conditions sanitaires, on permit aux bateaux de continuer jusqu'à Québec ou les cas problèmes étaient pris en charge.  Ça ne veut pas dire Grosse-Île était laissé à l'abandon...  Elle continua à assumer son statut de quarantaine pour les animaux.  Pendant la Deuxième Guerre mondiale et même au-delà, le gouvernement canadien s'est donné le droit d'y faire des expériences de guerre bactériologique...   Il faut avoir à l'esprit les tensions internationales engendrées par "la guerre froide".  Il fallut attendre la fin des années 70 pour que Parc Canada prenne enfin possession  de ce site.

 

À partir d'un plan d'action à long terme, Parc Canada remets en valeur les bâtiments encore existants. On reçoit les milliers de touristes qui viennent sur l'île pour visiter l'endroit.  En partenariat avec des sociétés historiques ainsi qu'avec le gouvernement irlandais, Parc Canada organise des expositions, des conférences ainsi que des séminaires.

 

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  L'église d'obédiance anglicane.  L'autre lieu de culte était de rite catholique.

 

Une visite à Grosse-Île s'impose ne serait-ce que pour comprendre l'importance de l'immigration dans le développement de la société d'ici.  Après tout, le Québec et le Canada doivent leurs  existences aux gens venus d'ailleurs.  Je ne voudrais pas oublier les activités portuaires de Québec qui, à une certaine époque, était l'une des principales portes d'entrée du continent.

Par Claude Rouleau - Publié dans : Histoire et patrimoine - Communauté : Blogueurs du Québec
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Samedi 4 septembre 2010 6 04 /09 /Sep /2010 14:31

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 Quelques installations visible du fleuve.  En avant plan, on peut voir le lavoir.  Plus haut, il s'agit de l'hotel de deuxième classe.

 

Certains endroits représentent des moments forts dans la grande histoire.  Ils sont présents pour nous montrer l'évolution de notre société tout en conservant une mémoire qui nous rappelle une suite d'événements qu'il est important de ne pas oublier. Je me suis permis de visiter l'un de ces lieux par une belle journée d'été.  J'avais rendez-vous avec la Grosse-Île.

 

Pendant des décennies, cette petite parcelle de terre fut une halte incontournable pour des centaines de milliers de personnes qui cherchaient à venir s'installer au Canada. Cette île, située à quelques dizaines de kilomètres de Québec, recevait celles et ceux qui avaient une apparence de maladie infectieuse.  On voulait éviter des épidémies au sein des populations locales. Il faut avoir à l'esprit que le Canada était une terre d'accueil tout le long du XIXe siècle. Le port Québec était l'un des plus importants lieux de transbordement maritime du continent. Les gens arrivaient par milliers pour peupler ce pays aux  terres vastes.  Voilà pourquoi, en 1832, Grosse-Île est devenu une station de quarantaine. 

 

Lorsqu'un bateau arrivait non loin de Grosse-Île, il devait jeter l'ancre.  Habituellement, ils contenaient plus ou moins 300 passagers. Par la suite, un inspecteur visitait le navire.  Si ce dernier constatait qu'il y avait de la maladie à bord, les gens atteints devaient se rendre vers l'île pour se faire soigner.  Ceux qui voulaient se soustraire à ce rituel n'avaient qu'à bien se tenir.  Une batterie de canons veillait au grain.  Lorsqu'on tirait un coup de semonce, tout revenait dans l'ordre. 

 

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       Cette grande croix de pierre, face au fleuve, a été érigée en 1909 par la communauté irlandaise.

 

Arrive 1847....  Une série de facteurs aggravants oblige des dizaines de milliers d'Irlandais à quitter leur pays.  Ces gens embarquent sur des bateaux insalubres pour fuir une famine.  En plus de subir les affres de la faim, la plupart furent expropriés, incapables de payer le loyer de leurs terres qui ne produisaient plus rien.   Grosse-Île est devenue, bien malgré elle, leur dernière demeure.  Au pire de l'épidémie, plus de 30 navires attendaient au large l'inspection de leurs passagers. Les baraques ,qui servaient d'hôpitaux, étaient pleines à craquer. Et comme les conditions sanitaires modernes n'étaient pas encore appliquées, l'endroit est vite devenu une antichambre de la mort.  Plusieurs dizaines de trépassés étaient enterrés sur une base quotidienne.  En cette triste année, on dénombre 4700 victimes...  Il faudra attendre les découvertes de Louis Pasteur, plusieurs décennies plus tard, pour soigner efficacement ces insulaires obligés.

Par Claude Rouleau - Publié dans : Histoire et patrimoine - Communauté : Blogueurs du Québec
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Dimanche 25 juillet 2010 7 25 /07 /Juil /2010 13:27

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Voici le Mont St-Louis.  Il s'agit d'une goélette d'époque.  Cette dernière se retrouve au musée des voitures d'eau de l'île aux coudres.  C'est ce genre d'embarcation qu'on construisait au chantier de St-Laurent.

 

Lors de mon dernier passage à l'île d'Orléans, j'ai pris une longue pause sur un site patrimonial digne d'intérêt.  Il faut savoir que cette masse de terre est reliée au continent par un pont depuis moins de un siècle.  Jusque dans les années 30, il fallait posséder une embarcation ou utiliser le traversier pour aller de l'autre côté.  Voilà pourquoi l'île a connu de nombreuses générations de marins.  Ces hommes, doués d'une trempe d'acier , ont fait les beaux jours du cabotage, une pratique fort répandue jusque dans les années 60.  Le transport routier a tôt fait de tuer de ce mode vie lorsque les autoroutes ont fait leur apparitions.

 

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                     Les restes des installations portuaires du chantier maritime de St-Laurent. 

 

Juste avant de pénétrer dans la municipalité de St-Laurent, on y trouvant un chantier maritime d'importance.  Lors de son âge d'or, au cours de la première moitié du XXe siècle, plus de 150 travailleurs y oeuvraient.  C'était l'un des plus importants constructeurs de goélettes du St-Laurent. Ces bateaux, de dimension modeste, servaient à transporter une foule de marchandise vers les villages qu'ont trouvaient tout le long du fleuve.  Le fret le plus populaire était la "pitoune".  Il s'agissait de troncs d'arbres coupés servant à la fabrication du papier. Bravant le gros temps, ils ont ravitaillé les chapelets de paroisses présentent tout le long le fleuve ainsi que dans le golfe. Les camions de fort tonnage et le train ont littéralement tué ce transport. Les quais, qui servaient à recevoir ces bateaux, ont fini par pourrir, abandonner par les municipalités.  Aujourd'hui, il ne reste plus grand-chose de ce passé. Heureusement, grâce à l'attrait du patrimoine et de l'histoire, de nombreuses personnes s'intéressent à nouveau à cette période révolue.  C'est dans cette optique qu'on a développé un centre d'interprétation sur le site du chantier maritime de l'île. 

 

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  L'intérieur de la chalouperie Goudbout.

 

Même si les bâtiments ont été démantelés, il est encore possible de voir les quais ainsi que les reliques du système de halage qui servait à sortir de l'eau les bateaux que l'on voulait réparer.  Un guide prend aussi la peine de nous expliquer, par le biais d'une maquette, l'histoire ainsi que les activités de ce chantier. Par la suite, il est possible de visiter la dernière "chalouperie" de l'île.  Cette dernière est un atelier ou l'on fabriquait les chaloupes qui servaient à traverser le fleuve.  Cette visite nous permet de comprendre le lien qui unissait ces gens à la mer en plus de découvrir un savoir-faire unique.

 

IMGP5207                                                 Une vue de l'extérieur de la chalouperie.

 

 

Il va sans dire que la visite de cet endroit est une halte obligée.  Elle nous permet de reprendre contact avec une facette oubliée de l'île d'Orléans.  Après tout, "l'île de Bacchus" avait aussi une vocation maritime...

Par Claude Rouleau - Publié dans : Histoire et patrimoine - Communauté : Blogueurs du Québec
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Vendredi 2 juillet 2010 5 02 /07 /Juil /2010 17:12

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Une carte postale de 1909 qui illustre ce lieu qu'on appelait à l'époque "L'auditorium"

 

À l'un des carrefours les plus animés de ma cité, il est possible de fréquenter un complexe culturel de haut niveau.  Il s'agit du "Capitole".  Pour différentes raisons, il attire un nombre important de clients et de spectateurs.

 

Ce complexe de choix à pignon sur rue en bordure des murs de la vieille ville depuis 1903.  Jusque vers le fin des années 20, il a été une salle de spectacle produisant surtout des prestations théâtrales  ainsi que du Vaudeville. 

 

Après avoir subi une transformation imposante, il devient une salle de cinéma fort populaire.  Durant cette période, ce lieu a fait les beaux jours de l'âge d'or du cinéma américain.  À l'aube des années 80, d'autres rénovations s'imposent et "Famous Players" juge les transformations trop importantes pour continuer à l'opérer. Ce distributeur du 7e art abandonne l'endroit.

 

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Le Capitole aujourd'hui.  On peut voir que l'on a aménagé une terrasse à l'avant, ouverte lors des beaux jours...

 

Dix années passent.  Un groupe de promoteurs reprennent le complexe et lui redonnent sa vocation originale.  Grâce à eux, le "Capitole de Québec" redevient l'un des plus beaux lieux de diffusion artistique du centre-ville.

 

Cet espace abrite depuis toujours un lieu scénique remarquable offrant une capacité de près de 1300 places.  Avec son architecture particulière, qui rappelle les somptueuses salles d'opéra d'autrefois,  son escalier monumental en marbre blanc, ses moulures aux superbes dorures et son plafond à l'allure d'un firmament, cet endroit est tout simplement magnifique.  En plus, pour diversifier les services et rendre captif les clients, les propriétaires ont aménagé l'étage supérieur en hébergement de 40 chambres.  Finalement, le "Ristorante Il Teatro", restaurant réputé par sa table et son espace, occupe une partie du rez-de-chaussée qui offre une proximité à la vie dans la vieille ville. 

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Une prise de vue du Capitole de nuit

Par Claude Rouleau - Publié dans : Histoire et patrimoine - Communauté : Blogueurs du Québec
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