Encore une fois, la ville de Québec se démarque au travers du cirque médiatique. Même si le feu couvait à l'intérieur des rangs du parti Québécois, personne n'aurait pu prévoir un pareil embrasement. Il aura fallu le dépôt du projet de loi 204 pour mettre le feu aux poudres...
Les idéologues contrent les pragmatiques
Forte de l'appui de 93% de ses membres, Pauline Marois pensait qu'il lui était possible d'asseoir durablement son autorité sur ce navire instable qu'est le parti Québécois. Elle avait quand même oublié une donnée majeure. Il faut toujours avoir à l'esprit que cette formation politique est une coalition disparate qui rêve d'effectuer la souveraineté du Québec à plus ou moins long terme. Pour les uns, cet objectif doit être la pierre angulaire de ce mouvement. Pour les autres, il s'agit de gravir les marches du pouvoir pour réaliser les actions requises en ce sens. Ce tiraillement existe depuis toujours. Cet exercice a toujours été une patate chaude pour les dirigeants de ce parti. Jusqu'à preuve du contraire, Pauline Marois a pris le taureau par les cornes et a imposé une ligne directrice qui n'a jamais existé jusqu'à maintenant. Cette façon de faire, qui est courante au sein de l'ensemble des formations politiques en Occident, est une nouveauté au PQ. Le temps où les militants déchiraient leurs chemises en public est révolu. Ici et maintenant, le parti se donne les moyens de régler ses différends en privé pour présenter un consensus accepté par l'ensemble de ses représentants. Il est évident que cette direction déplaît à certains idéologues en mal de pouvoir. Dans ces conditions, il ne faut pas se surprendre que des ténors de la trempe de Pierre Curzi et de Louise Beaudoin prennent leurs distances.
La méthode Marois fonctionne encore
Il aura fallu réunir le caucus, de manière à éclairer la lanterne de l'ensemble de la députation, pour arriver à serrer les rangs comme il se doit. La méthode Marois a réussi encore une fois un miracle. Les députés dissidents sont invités à revenir au parti. Par contre, pour ce qui est de Lizette Lapointe, députée de Crémazie et conjointe de Jacques Parizeau, l'histoire est différente. Elle devra se conformer aux résolutions prises lors du dernier congrès, qui fut accepté par la majorité des délégués ayant le droit de vote. La dissidence est une chose, mais la loyauté en est une autre...
Plus tôt cette semaine, de nombreux observateurs craignaient l'éclatement du PQ. Aujourd'hui, on peut affirmer que ce sera pour un autre moment.
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