Fureteur québécois
Le théâtre Périscope, l'endroit par excellence
pour voir du théàtre expérimental à Québec.
La pièce y est présenté jusqu'au 2 mai.
J’avoue mon désarroi devant la pièce de théâtre que je suis allé voir la vieille. Il s’agit d’une
représentation de la compagnie Omnibus qui s’intitule : « Le problème avec moi ». Au sortir de cette performance, je n’étais pas en mesure de dire si j’avais aimé.
Au départ, tous les ingrédients d’un spectacle intéressant sont à l’affiche. On se retrouve en présence de deux excellents acteurs. La gestuelle et le mouvement des deux protagonistes sont un véritable exemple du genre. Le sujet aussi vaut la peine d’être développé. Et pourtant… Dès les premières minutes, lorsque Larry Tremblay et Carl Béchard débutent leur dialogue, je me suis retrouvé inondé de paroles ou les descriptions n’en finissaient plus de finir. Cette débauche de mots était-elle vraiment nécessaire? J’émets quelques réserves, d’autant plus que nos deux acteurs s’en sont donné à cœur joie pour ce qui est de leurs déplacements. Et puis, il demeure que la mise en scène est réalisée par Francine Alepin. Il s’agit d’une spécialiste du mouvement corporel formée à l’école du mime. Idem pour Larry Tremblay qui maîtrise la gestuelle de l’art chorégraphique de la danse traditionnelle hindoue. Il y a aussi la supposée influence de « Psychose », l’un des films les plus connus de Hitchcock, qui vient hanter l’ensemble de la pièce. À voir l’émotion des visages de l’assistance, on aurait dit que j’étais le seul à ne pas saisir totalement le fond du propos…
Pour résumer l’intrigue, il s’agit de l’histoire d’un homme qui perd une dent suite à l’ingestion d’un éclair au chocolat. Progressivement, il perd d’autres parties de son corps. Au travers de cette prise de conscience, il est rejoint par son alter égo. Une joute oratoire, suivie d’une suite de mouvements, digne d’un ballet, se déroule devant nous. Le tout se termine par le suicide de nos deux personnages qui n’en sont qu’un seul.
Malgré mes réserves, j’ai eu droit à un excellent spectacle qui pousse la réflexion. Quelle est notre perception face à nous, à ce corps qui nous parle et que nous ne sommes pas toujours capables de saisir toutes les nuances. Il demeure que cette pièce vaut la peine d’être vue.