Fureteur québécois
Voici le Mont St-Louis. Il s'agit d'une goélette d'époque. Cette dernière se retrouve au musée des voitures d'eau de l'île aux coudres. C'est ce genre d'embarcation qu'on construisait au chantier de St-Laurent.
Lors de mon dernier passage à l'île d'Orléans, j'ai pris une longue pause sur un site patrimonial digne d'intérêt. Il faut savoir que cette masse de terre est reliée au continent par un pont depuis moins de un siècle. Jusque dans les années 30, il fallait posséder une embarcation ou utiliser le traversier pour aller de l'autre côté. Voilà pourquoi l'île a connu de nombreuses générations de marins. Ces hommes, doués d'une trempe d'acier , ont fait les beaux jours du cabotage, une pratique fort répandue jusque dans les années 60. Le transport routier a tôt fait de tuer de ce mode vie lorsque les autoroutes ont fait leur apparitions.
Les restes des installations portuaires du chantier maritime de St-Laurent.
Juste avant de pénétrer dans la municipalité de St-Laurent, on y trouvant un chantier maritime d'importance. Lors de son âge d'or, au cours de la première moitié du XXe siècle, plus de 150 travailleurs y oeuvraient. C'était l'un des plus importants constructeurs de goélettes du St-Laurent. Ces bateaux, de dimension modeste, servaient à transporter une foule de marchandise vers les villages qu'ont trouvaient tout le long du fleuve. Le fret le plus populaire était la "pitoune". Il s'agissait de troncs d'arbres coupés servant à la fabrication du papier. Bravant le gros temps, ils ont ravitaillé les chapelets de paroisses présentent tout le long le fleuve ainsi que dans le golfe. Les camions de fort tonnage et le train ont littéralement tué ce transport. Les quais, qui servaient à recevoir ces bateaux, ont fini par pourrir, abandonner par les municipalités. Aujourd'hui, il ne reste plus grand-chose de ce passé. Heureusement, grâce à l'attrait du patrimoine et de l'histoire, de nombreuses personnes s'intéressent à nouveau à cette période révolue. C'est dans cette optique qu'on a développé un centre d'interprétation sur le site du chantier maritime de l'île.
L'intérieur de la chalouperie Goudbout.
Même si les bâtiments ont été démantelés, il est encore possible de voir les quais ainsi que les reliques du système de halage qui servait à sortir de l'eau les bateaux que l'on voulait réparer. Un guide prend aussi la peine de nous expliquer, par le biais d'une maquette, l'histoire ainsi que les activités de ce chantier. Par la suite, il est possible de visiter la dernière "chalouperie" de l'île. Cette dernière est un atelier ou l'on fabriquait les chaloupes qui servaient à traverser le fleuve. Cette visite nous permet de comprendre le lien qui unissait ces gens à la mer en plus de découvrir un savoir-faire unique.
Une vue de l'extérieur de la chalouperie.
Il va sans dire que la visite de cet endroit est une halte obligée. Elle nous permet de reprendre contact avec une facette oubliée de l'île d'Orléans. Après tout, "l'île de Bacchus" avait aussi une vocation maritime...